Travail

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
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  • erschienen am 31. Juli 2018
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  • 817 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-14705-2 (ISBN)
 
Montre l'évolution des idées sociales de l'auteur. Du libéralisme économique, qu'on lui avait beaucoup reproché, Zola passe à un socialisme utopique, selon les doctrines de Fourier.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,71 MB
978-2-322-14705-2 (9782322147052)
Après une scolarité moyenne, Emile Zola trouve un emploi dans une librairie grâce auquel il rencontre nombre d'écrivains et se lance dans le journalisme. Le scandale de la publication de certains de ses articles sous le titre Mes Haines et le soutien qu'il apporte à un peintre comme Manet le font connaître. Mais depuis son adolescence il n'a cessé d'écrire et, en 1867, sort son premier roman, «Thérèse Raquin ».

C'est le 22 juillet 1872, par la signature du contrat qui le lie à l'éditeur Georges Charpentier que commence véritablement sa carrière littéraire, qu'il mène de front avec le journalisme auquel il ne renonce pas. La fin de sa vie est marquée par son engagement républicain et par sa lutte pour la justice. Il a en effet soutenu le Capitaine Dreyfus, victime d'un complot antisémite. Grand observateur du sujet humain, Zola développe dans ses romans une analyse "naturaliste" de ses personnages. Citons parmi ses romans les plus connus, 'L'Assommoir', 'Nana' ou 'Germinal'.

Livre II


I


Trois années se passèrent, et Luc créa son usine nouvelle qui donna naissance à toute une cité ouvrière. Les terrains s'étendaient sur plus d'un kilomètre carré, en bas de la rampe des monts Bleuses, une vaste lande, légèrement en pente, qui allait du parc de la Crêcherie aux bâtiments entassés de l'Abîme. Et les débuts durent être modestes, on utilisa seulement une partie de cette lande, en réservant le reste aux agrandissements espérés de l'avenir.

L'usine se trouvait adossée au promontoire rocheux, en dessous même du haut fourneau, qui communiquait avec les ateliers par deux monte-charges. D'ailleurs, dans l'attente de la révolution que les fours électriques de Jordan devaient apporter, Luc ne s'était guère occupé du haut fourneau, l'améliorant dans les détails, le laissant fonctionner aux mains de Morfain, selon l'antique routine. Mais dans l'installation de l'usine, il avait réalisé tous les progrès possibles, au point de vue des bâtiments et de l'outillage, pour accroître le rendement du travail, en diminuant l'effort des travailleurs. Et, de même, il avait voulu que les maisons de sa cité ouvrière, construites chacune au milieu d'un jardin, fussent des maisons de bien-être, où fleurît la vie de famille. Une cinquantaine déjà occupaient les terres voisines du parc de la Crêcherie, un petit ; bourg en marche vers Beauclair ; car chaque maison qu'on bâtissait était comme un pas nouveau de la Cité future, à la conquête de la vieille ville coupable et condamnée. Puis, au centre des terrains, Luc avait fait élever la maison commune, une vaste construction où se trouvaient les écoles, une bibliothèque, une salle de réunion et de fêtes, des jeux, des bains. C'était là simplement ce qu'il avait gardé du phalanstère de Fourier, laissant chacun bâtir à sa guise, sans forcer personne à l'alignement, n'éprouvant la nécessité de la communauté que pour certains services publics. Enfin, derrière, des magasins généraux se créaient, de jour en jour élargis, une boulangerie, une boucherie, une épicerie, sans compter les vêtements, les ustensiles, les menus objets indispensables, toute une association coopérative de consommation qui répondait à l'association coopérative de production, régissant l'usine. Sans doute, ce n'était encore qu'un embryon, mais la vie affluait, l'ouvre pouvait être jugée. Et Luc, qui n'aurait pas marché si vite, s'il n'avait eu l'idée heureuse d'intéresser les ouvriers du bâtiment à sa création, était surtout ravi d'avoir su capter toutes les sources éparses parmi les roches supérieures, pour en baigner la ville naissante, des flots d'une eau fraîche et pure qui lavait l'usine et la maison commune, arrosait les jardins aux verdures épaisses, ruisselait dans chaque habitation, dont elle était la santé et la joie.

Ce matin-là, Fauchard, l'arracheur, vint flâner à la Crêcherie, pour voir d'anciens camarades. Lui, toujours indécis et dolent, était resté à l'Abîme, tandis que Bonnaire emmenait à l'usine nouvelle son beau-frère Ragu, qui lui-même décidait Bourron à le suivre. Tous trois travaillaient donc là ; et s'étaient eux que Fauchard désirait questionner, incapable de prendre un parti, dans l'hébétement où l'avaient jeté quinze années déjà d'arrachage, toujours le même geste, le même effort, au milieu du même incendie. Sa déformation, sa paresse d'esprit était devenue telle, que depuis de longs mois il se proposait de faire cette visite, sans trouver la force de volonté nécessaire. Et, dès son entrée à la Crêcherie, il s'étonna.

Au sortir de l'Abîme noir, sale, poussiéreux, dont les lourdes halles délabrées s'éclairaient à peine par d'étroits vitrages, c'était un premier émerveillement que les halles légères de la Crêcherie, de fer et de briques, dans lesquelles de larges baies vitrées laissaient pénétrer à flots l'air et le soleil. Toutes étaient pavées en dalles de ciment, ce qui diminuait beaucoup les poussières, si nuisibles.

L'eau coulait partout en abondance, permettait de continuels lavages. Et, comme il n'y avait presque plus de fumées, grâce aux cheminées nouvelles qui brûlaient tout, une grande propreté régnait, d'un entretien facile. L'antre infernal du Cyclope avait fait place à de vastes ateliers clairs, luisants et gais, où la besogne semblait perdre de sa rudesse. Sans doute, l'emploi de l'électricité était encore restreint, le bruit des machines restait assourdissant, l'effort humain ne se trouvait guère soulagé. C'était à peine si, dans les fours à puddler et dans les fours à creusets, des essais de moyens mécaniques, jusque-là défectueux, faisaient espérer que les bras de l'homme, un jour, seraient libérés des travaux trop durs. On n'en était qu'aux tâtonnements, en marche vers l'avenir. Mais quelle amélioration déjà, cette simple propreté, cet air et ce soleil qui baignaient les grandes salles légères, cette gaieté du travail moins lourd aux épaules ! Et comme la comparaison s'imposait saisissante, avec les trous de ténèbres et de souffrances, où agonisaient les équipes des vieilles usines du voisinage !

Fauchard croyait trouver Bonnaire, le maître puddleur, à son four, et il fut surpris de le voir, dans la même halle, diriger un grand laminoir, qui fabriquait des rails.

« Tiens ! tu as lâché le puddlage ?

- Non, mais nous faisons un peu de tout ici. C'est la règle de la maison : deux heures de ceci, deux heures de cela, et, ma foi ! c'est bien vrai que cela repose. »

La vérité était que Luc ne décidait pas facilement les ouvriers qu'il embauchait à sortir de leur spécialité. Plus tard, la réforme s'accomplirait, les enfants passeraient par plusieurs apprentissages, car le travail attrayant ne pouvait être que dans la variété des diverses tâches et dans le peu d'heures consacrées à chacune d'elles.

« Ah ! soupira Fauchard, que ça m'amuserait donc de faire autre chose que d'arracher les creusets du fond de mon four ! Mais je ne sais pas, je ne peux pas. »

Le bruit saccadé du laminoir était si violent, qu'il devait parler très fort. Il se tut, il profita d'un moment de répit pour serrer la main de Ragu et de Bourron, qui se trouvaient là, très occupés à recevoir les rails. Ce fut ensuite pour lui un spectacle. On ne fabriquait pas de rails à l'Abîme, il regardait ceux-ci avec des pensées confuses, qu'il n'aurait pas su exprimer. Ce dont il souffrait surtout, dans son écrasement, dans sa déchéance d'homme déjeté sous la meule, devenu un simple outil, c'était d'avoir gardé la conscience obscure qu'il aurait pu être une intelligence, une volonté. Une petite lumière brûlait encore en lui, comme la petite lampe de veille qui jamais ne s'éteint. Et quelle lourde tristesse à regretter l'homme libre, et sain et joyeux, qu'il serait devenu sans ce cachot d'abêtissement où l'esclavage l'avait jeté ! Les rails qui s'allongeaient, qui s'allongeaient toujours, étaient comme une voie, comme un chemin sans fin, où sa pensée glissait, se perdait dans l'avenir, dont il n'avait plus l'espoir ni même la conception claire.

Sous la halle voisine de la grande fonderie, un four spécial fondait l'acier ; et le métal en fusion était reçu dans une grande poche de fonte, garnie de terre réfractaire, qui le versait ensuite mécaniquement dans des moules en forme de lingot. Des ponts roulants électriques, des grues d'une puissance considérable, soulevaient, transportaient ces lourdes masses, les amenaient aux laminoirs, les conduisaient aux ateliers de rivetage et de boulon nage. Il y avait des trains de laminoirs géants, étirant les lingots selon le profil voulu, les cintrant aussi à la demande pour les grandes fermes d'acier surtout, les pièces colossales des ponts, des charpentes d'édifices, des constructions de toutes sortes, toutes prêtes à être montées, rivetées ou boulonnées. Pour les poutres pour les rails, pièces simples, de dimensions constantes, les trains de laminoirs spéciaux marchaient avec une régularité, une activité formidable. Au sortir du réchaud, d'un éclat de soleil, le lingot d'acier, court et de la grosseur d'un tronc d'homme, était pris dans la première cage, entre les deux rouleaux qui tournaient en sens inverse, et il sortait aminci de la gorge, rentrait dans la seconde cage, où il s'amincissait encore ; et, de cage en cage, les gorges ébauchaient de plus en plus la pièce, finissaient par donner au rail son profil exact et sa longueur réglementaire de dix mètres. Cela n'allait pas sans un vacarme assourdissant, un terrible bruit de mâchoires, dans les allonges, entre les cages, quelque chose comme la mastication d'un colosse, en train de mâcher tout cet acier. Et les rails succédaient aux rails avec une rapidité extraordinaire, on pouvait à peine suivre le lingot qui s'amincissait, qui s'allongeait, qui jaillissait en un nouveau rail, pour s'ajouter aux autres rails comme si les voies ferrées, par le monde, s'étendaient sans fin, pénétraient au fond des contrées les plus désertes, en faisant le tour de la terre.

« Pour qui est-ce donc, tout ça ? demanda Fauchard, ahuri.

- C'est pour les Chinois », répondit Ragu, en plaisantant.

Mais Luc passait devant les laminoirs. Il vivait généralement sa matinée dans l'usine, donnant un coup d'oil à chaque halle, causant en camarade avec les ouvriers. Il avait dû garder en partie la hiérarchie ancienne, des ouvriers maîtres, des surveillants,...

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