Paris

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 31. Juli 2018
  • |
  • 731 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-14703-8 (ISBN)
 
Dans Paris, qui peut être lu pour lui-même, prend fin l'histoire de Pierre Froment. Ce jeune prêtre tourmenté par la perte de la foi, chez qui Zola a mis beaucoup de lui-même, va trouver à Paris la réponse à ses angoisses, découvrir par le travail et l'amour de nouvelles raisons de vivre. Ce roman est aussi un immense drame social, une chronique exacte et animée de la vie politique française au moment du scandale de Panama et des attentats anarchistes, une peinture foisonnante du Paris moderne, de tous ses lieux, de tous ses mondes, un hymne à la ville-lumière, reine de l'univers et créatrice de l'avenir.

Dans la lignée de Balzac et de Victor Hugo, Zola apporte sa contribution au grand mythe romantique de Paris, au moment où s'achève le XIXe siècle.

Après Lourdes et Rome, Paris forme le dernier volet des Trois Villes.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,66 MB
978-2-322-14703-8 (9782322147038)
Après une scolarité moyenne, Emile Zola trouve un emploi dans une librairie grâce auquel il rencontre nombre d'écrivains et se lance dans le journalisme. Le scandale de la publication de certains de ses articles sous le titre Mes Haines et le soutien qu'il apporte à un peintre comme Manet le font connaître. Mais depuis son adolescence il n'a cessé d'écrire et, en 1867, sort son premier roman, «Thérèse Raquin ».

C'est le 22 juillet 1872, par la signature du contrat qui le lie à l'éditeur Georges Charpentier que commence véritablement sa carrière littéraire, qu'il mène de front avec le journalisme auquel il ne renonce pas. La fin de sa vie est marquée par son engagement républicain et par sa lutte pour la justice. Il a en effet soutenu le Capitaine Dreyfus, victime d'un complot antisémite. Grand observateur du sujet humain, Zola développe dans ses romans une analyse "naturaliste" de ses personnages. Citons parmi ses romans les plus connus, 'L'Assommoir', 'Nana' ou 'Germinal'.

Livre II


I


Dans cette rue, écartée de Neuilly, où personne ne passait plus dès le crépuscule, la petite maison, à cette heure, sous la nuit noire, dormait d'un sommeil profond, les persiennes closes, sans qu'une lumière filtrât au-dehors. Et il semblait qu'on sentît aussi, derrière, la grande paix du petit jardin, vide et mort, engourdi par le froid de l'hiver.

Pierre, dans le fiacre qui le ramenait avec son frère blessé, avait craint plusieurs fois de le voir s'évanouir. Guillaume, adossé, affaissé, ne parlait pas ; et quel terrible silence entre eux, si plein des interrogations, des réponses, qu'ils sentaient inutile et douloureux d'échanger en ce moment ! Pourtant, le prêtre s'inquiétait de la blessure, se demandait à quel chirurgien il allait avoir recours, désireux de ne mettre dans le secret qu'un homme sûr et dévoué, en voyant avec quel âpre désir de disparaître le blessé se cachait.

Jusqu'à l'Arc de triomphe, pas un mot ne fut prononcé. Là seulement, Guillaume sembla sortir de l'accablement de son rêve pour dire :

« Et, tu sais, Pierre, pas de médecin. Nous allons soigner ça tous les deux. »

Pierre voulut protester. Puis, il n'eut qu'un simple geste, signifiant qu'il passerait outre, s'il le fallait. À quoi bon discuter en ce moment ? Mais son inquiétude avait grandi, et ce fut avec un soulagement véritable, lorsque le fiacre enfin s'arrêta devant la maison, qu'il vit son frère en descendre sans trop de faiblesse. Vivement, il paya le cocher, très heureux aussi de constater que personne, pas un voisin même, n'était là. Et il ouvrit avec sa clé, il soutint le blessé pour l'aider à gravir les trois marches du perron.

Une faible veilleuse brûlait dans le vestibule. Tout de suite au bruit de la porte, une femme, Sophie, la servante, venait de sortir de la cuisine. Âgée de soixante ans, petite, maigre et noire, elle était dans la maison depuis plus de trente années, ayant servi la mère avant de servir le fils. Elle connaissait Guillaume, qu'elle avait vu jeune homme. Sans doute elle le reconnut, bien qu'il y eût dix ans bientôt qu'il n'eût franchi ce seuil. Mais elle ne témoigna aucune surprise, elle parut trouver tout naturel cet extraordinaire retour, dans la loi de discrétion et de silence qu'elle s'était faite.

Elle vivait en recluse, elle ne parlait que pour les strictes nécessités de son service.

Et elle se contenta de dire :

« Monsieur l'abbé, il y a, dans le cabinet, M. Bertheroy, qui vous attend depuis un quart d'heure. »

Guillaume intervint, d'un air ranimé.

« Bertheroy vient donc toujours ici ?... Ah ! lui, je veux bien le voir, c'est un des meilleurs, un des plus larges esprits de ce temps. Il est resté mon maître. »

Ami autrefois de leur père, l'illustre chimiste Michel Froment, Bertheroy était aujourd'hui, à son tour, une des gloires les plus hautes de la France, à qui la chimie devait les extraordinaires progrès qui en ont fait la science mère, en train de renouveler la face du monde. Membre de l'Institut, comblé de charges et d'honneurs, il avait gardé pour Pierre une grande affection, il le visitait ainsi parfois avant le dîner, afin de se distraire disait-il.

« Tu l'as mis dans le cabinet, bon ! nous y allons, dit l'abbé à la servante, qu'il tutoyait. Porte une lampe allumée dans ma chambre, et prépare mon lit, pour que mon frère puisse se coucher tout de suite. »

Pendant que, sans une surprise, sans un mot, Sophie exécutait cet ordre, les deux frères passaient dans l'ancien laboratoire de leur père, dont le prêtre avait fait un vaste cabinet de travail. Et ce fut avec un cri de joyeux étonnement que le savant les accueillit, lorsqu'il les vit entrer, l'un soutenant l'autre.

« Comment ! ensemble !... Ah ! mes chers enfants, vous ne pouviez me faire de bonheur plus grand ! Moi qui ai si souvent déploré votre cruel malentendu ! »

Septuagénaire, il était grand, sec, avec des traits anguleux. La peau jaunie se collait comme un parchemin sur les os saillants des joues et des mâchoires. D'ailleurs, sans aucun prestige, il avait l'air d'un vieil herboriste. Mais le front était beau, large, uni, et sous les cheveux blancs ébouriffés luisaient encore des yeux de flamme.

Quand il aperçut la main bandée, il s'écria :

« Quoi donc, Guillaume, vous êtes blessé ? »

Pierre se taisait, laissant son frère conter l'histoire, telle qu'il lui plairait de la dire. Celui-ci avait compris qu'il devait avouer la vérité, simplement, en omettant les circonstances.

« Oui, dans une explosion, et je crois bien que j'ai le poignet cassé. »

Bertheroy l'examinait, remarquait ses moustaches brûlées, ses yeux de stupeur, où passait l'effarement des catastrophes. Il devint sérieux, circonspect, sans chercher par des questions à forcer les confidences.

« Ah ! bah ! une explosion... Me permettez-vous de voir la plaie ? Vous savez qu'avant de me laisser séduire par la chimie, j'ai fait mes études de médecine, et que je suis un peu chirurgien. »

Pierre ne put retenir ce cri de son cour :

« Oui, oui ! maître, voyez la blessure... J'étais bien inquiet, c'est une chance inespérée que vous vous trouviez là. »

Le savant le regarda, sentit la gravité des circonstances qu'on lui cachait. Et, comme Guillaume consentait, avec un sourire, en pâlissant de faiblesse, il voulut d'abord qu'on le couchât. La servante revenait dire que le lit était prêt, tous passèrent dans la chambre voisine, où le blessé fut déshabillé et mis au lit.

« Éclairez-moi, Pierre, prenez la lampe, et que Sophie me donne une cuvette pleine d'eau, avec des linges. »

Puis, lorsqu'il eut doucement lavé la plaie :

« Diable ! diable !... Le poignet n'est pas cassé, mais c'est une vilaine affaire tout de même. Je crains qu'il n'y ait une lésion de l'os... Ce sont des clous qui ont traversé les chairs, n'est-ce pas ? »

Ne recevant pas de réponse, il se tut. Sa surprise croissait, il se mit à examiner avec attention la main que la flamme avait noircie, il finit même par flairer la manche de la chemise, pour mieux se rendre compte. Évidemment, il reconnaissait les effets d'un de ces explosifs nouveaux, que lui-même avait si savamment étudiés et pour ainsi dire créés. Mais, pourtant, celui-ci devait le dérouter, car il y avait là des traces, des caractères, dont l'inconnu lui échappait.

« Alors, se décida-t-il à demander enfin, emporté par sa curiosité de savant, c'est dans une explosion de laboratoire que vous vous êtes arrangé de cette belle façon ?... Quelle diablesse de poudre étiez-vous donc en train de fabriquer ? »

Malgré sa souffrance, Guillaume, depuis qu'il le voyait étudier ainsi sa blessure, témoignait une contrariété, une agitation croissante, comme si le vrai secret qu'il voulait garder eût été là, dans cette poudre dont le premier essai venait de si cruellement l'atteindre. Il coupa court, il dit de son air de passion contenue les yeux droits et francs :

« Je vous en prie, maître, ne me questionnez pas. Je ne puis vous répondre... Je sais que vous êtes un assez noble esprit pour me soigner et m'aimer encore, sans exiger ma confession.

- Ah ! certes, mon ami, s'écria Bertheroy, gardez votre secret. Votre découverte est à vous, si vous en avez fait une, et je vous sais capable de l'employer au plus généreux usage. D'ailleurs, vous devez me savoir, vous aussi, bien trop passionné de vérité, résolu à ne jamais juger les actes des autres, quels qu'ils soient, avant d'en connaître toutes les raisons. »

Et, d'un geste, il acheva de dire sa large tolérance, son esprit souverain, dégagé des ignorances et des superstitions, qui faisait de lui, sous les ordres dont il était chamarré, sous ses titres universitaires et académiques de savant officiel, l'intelligence la plus hardie, la plus libre, uniquement passionnée de vérité, comme il le disait.

Il n'avait pas les outils nécessaires, il se contenta de panser la plaie avec soin, après s'être assuré qu'aucune parcelle des projectiles n'était restée dans les chairs. Enfin, il partit, en promettant d'être là, le lendemain, de bonne heure. Et, comme le prêtre l'accompagnait jusqu'à la porte de la rue, il le rassura : si l'os n'avait pas été atteint trop profondément, tout irait bien.

Pierre, de retour près du lit, y trouva son frère assis encore sur son séant, puisant une énergie dernière dans son désir d'écrire aux siens, pour les rassurer. Il dut reprendre la lampe et l'éclairer de nouveau, après lui avoir donné du papier et un crayon. Heureusement, Guillaume avait le libre usage de sa main droite. Il put, en quelques lignes, annoncer qu'il ne rentrerait pas à Mme Leroi, sa belle-mère, qui était restée chez lui, après la mort de sa femme et qui avait élevé ses trois grands fils. En outre, Pierre savait qu'il y avait, dans la maison, une jeune fille de vingt-cinq à vingt-six ans, la fille d'un ancien ami de Guillaume, recueillie par celui-ci à la mort du père, et qu'il devait épouser prochainement, malgré la grande différence d'âge. Mais c'étaient là, pour le prêtre, des choses vagues et troublantes, tout un côté de désordre condamnable, qu'il avait toujours feint d'ignorer.

« Alors, tu veux qu'on porte tout de suite cette lettre à Montmartre ?

- Oui, tout de suite. Il n'est guère...

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