Fécondité

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 31. Juli 2018
  • |
  • 903 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-14698-7 (ISBN)
 
Après les Rougon-Macquart, Emile Zola se lance dans une oeuvre plus ambitieuse avec Les Quatre Evangiles. Il ne s'agit plus de faire le procès d'une société ou d'en examiner les moeurs, mais de fonder une religion nouvelle reposant sur la fécondité, le travail, la vérité et la justice.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,98 MB
978-2-322-14698-7 (9782322146987)
Après une scolarité moyenne, Emile Zola trouve un emploi dans une librairie grâce auquel il rencontre nombre d'écrivains et se lance dans le journalisme. Le scandale de la publication de certains de ses articles sous le titre Mes Haines et le soutien qu'il apporte à un peintre comme Manet le font connaître. Mais depuis son adolescence il n'a cessé d'écrire et, en 1867, sort son premier roman, «Thérèse Raquin ».

C'est le 22 juillet 1872, par la signature du contrat qui le lie à l'éditeur Georges Charpentier que commence véritablement sa carrière littéraire, qu'il mène de front avec le journalisme auquel il ne renonce pas. La fin de sa vie est marquée par son engagement républicain et par sa lutte pour la justice. Il a en effet soutenu le Capitaine Dreyfus, victime d'un complot antisémite. Grand observateur du sujet humain, Zola développe dans ses romans une analyse "naturaliste" de ses personnages. Citons parmi ses romans les plus connus, 'L'Assommoir', 'Nana' ou 'Germinal'.

Livre II


I


Sans bruit, Mathieu se leva du petit lit de fer pliant qu'il occupait, à côté du grand lit d'acajou, dans lequel Marianne était couchée. Il la regarda, il la vit, les yeux ouverts, qui souriait.

« Comment ! tu ne dors plus ? Et moi qui ne remuais pas, de peur de te réveiller ! Tu sais qu'il est près de neuf heures. »

C'était à Paris, un dimanche du milieu de janvier. Marianne se trouvait enceinte de sept mois et demi déjà. À Chantebled, pendant la première quinzaine de décembre, il avait fait un temps atroce : des pluies glaciales, puis de la neige, un froid terrible ; si bien que Mathieu, après avoir hésité, avait fini par accepter l'offre aimable des Beauchêne, qui mettaient à sa disposition l'ancien pavillon modeste, sur la rue de la Fédération, où habitait le fondateur de l'usine, avant de bâtir le superbe hôtel du quai. Justement, un vieux contremaître, qui l'occupait, tout meublé du simple mobilier d'autrefois, venait de mourir. Et le jeune ménage y était installé depuis un mois, ayant décidé qu'il serait plus prudent d'attendre les couches à Paris, puis de retourner à Chantebled pour les relevailles, dès les premières belles journées d'avril.

« Attends, reprit-il, je vais donner du jour. »

Il alla tirer un rideau. La chambre, à demi obscure, s'éclaira d'un large rayon de jaune soleil d'hiver.

« Ah ! le soleil, le soleil ! un temps splendide ! et un dimanche ! Enfin, cet après-midi, je pourrai donc aller te promener un peu avec les enfants ! »

Elle le rappela, lui prit les mains, lorsqu'il se fut assis au bord du lit ; et, gaiement :

« Voici vingt minutes que, moi non plus, je ne dors pas, évitant de me retourner, désirant te laisser faire ta grasse matinée du dimanche. Hein ? nous sommes bons, tous les deux, à ne pas vouloir nous réveiller l'un l'autre, quand nous avons les yeux grands ouverts !

- Oh ! dit-il, moi, j'étais si heureux de croire que tu te reposais ! Maintenant, le dimanche, je n'ai qu'une joie, celle de ne pas quitter cette chambre, le matin, de passer la journée entière, avec toi et les petits. »

Puis, il eut un cri de surprise et de remords.

« Tiens ! je ne t'ai pas embrassée ! »

Elle s'était relevée un peu, le coude dans ses deux oreillers ; et il la saisit entre ses bras, d'une étreinte vive. Mais elle eut une légère plainte.

« Oh ! chéri, prends garde ! »

Ce fut alors du désespoir, de l'adoration.

« Je t'ai fait du mal ! Je t'ai fait du mal ! Faut-il être brute, pour te bousculer ainsi !... Oh ! chère, chère femme, toi qui m'es sacrée, que je ne voudrais toucher qu'avec des caresses, dont je serais si heureux de prendre les souffrances ! Oui, je rêve d'avoir des mains de fée, des mains que tu ne sentirais même pas, qui changeraient tes douleurs en joies... Et je vais te faire du mal ! »

Elle dut le consoler.

« Mais non, gros bête, tu ne m'as pas fait du mal ! J'ai eu peur seulement. Tu vois bien que je ris. »

Il la regarda, elle lui apparut d'une splendeur de beauté incomparable. Dans la nappe de clair soleil qui dorait le lit, elle rayonnait elle-même de santé, de force et d'espoir. Jamais ses lourds cheveux bruns n'avaient coulé de sa nuque si puissamment, jamais ses grands yeux n'avaient souri d'une gaieté plus vaillante. Et, avec son visage de bonté et d'amour, d'une correction si saine, si solide, elle était la fécondité elle-même, la bonne déesse aux chairs éclatantes, au corps parfait, d'une noblesse souveraine.

Une vénération l'envahit, il l'adora, comme un dévot mis en présence de son Dieu, au seuil du mystère.

« Que tu es belle, que tu es bonne, et que je t'aime, chère femme ! »

Il découvrit le ventre, d'un geste religieux. Il le contempla, si blanc, d'une soie si fine, arrondi et soulevé comme un dôme sacré, d'où allait sortir un monde. Il se pencha, le baisa saintement, en mettant dans ce baiser toute sa tendresse, toute sa foi, toute son espérance. Puis, il resta un instant, ainsi qu'un fidèle en prière, posant sa bouche avec légèreté, plein d'une prudence délicate.

« Est-ce là, chère femme, que tu souffres ?... Est-ce là ?... Est-ce là ?... Ah ! que je voudrais savoir et pouvoir te guérir ! »

Mais il se releva, pâle et frémissant, ayant senti brusquement un petit choc contre sa bouche. Elle s'était remise à rire, elle le reprit, l'attira, lui coucha la tête près de la sienne, sur l'oreiller. Puis, tout bas, les lèvres à son oreille :

« Hein ? tu l'as senti, il t'a fait peur, gros bête ! Ah ! mais, c'est qu'il gigote fort maintenant, il commence à taper pour sortir... Alors, dis-moi, qu'est-ce qu'il t'a dit ?

- Il m'a dit que tu m'aimes comme je t'aime, et que tous les heureux de ce monde ne sont pas si heureux que moi. »

Ils restèrent un moment embrassés, dans le soleil vermeil, qui les environnait d'or. Puis, il l'arrangea, remonta les oreillers, tira proprement la couverture, ne voulut absolument pas qu'elle se levât, avant qu'il eût mis la pièce en ordre. Déjà, il défaisait son petit lit, pliait les draps et le matelas, refermait la cage de fer, qu'il dissimulait sous une housse. Vainement, elle l'avait supplié de laisser ça, en disant que Zoé, la bonne amenée de la campagne, pouvait bien prendre cette peine. Il s'entêtait, répondait que la bonne l'agaçait, qu'il préférait être tout seul à lui donner des soins, à faire autour d'elle ce qu'il y avait à faire. C'était lui qui avait voulu coucher de la sorte, sur ce lit de fer, pour lui abandonner tout le grand lit, où il craignait de la gêner. Et, maintenant, il s'occupait du ménage, défendait jalousement la porte de la chambre, afin que la chère épouse fût à lui entièrement, heureux lorsqu'il descendait aux soins les plus puérils, ne croyant jamais faire assez pour le culte dont il l'honorait.

« Je t'en prie, puisque les enfants nous laissent la paix, reste encore un peu couchée. Ça te reposera. »

Comme un frisson le prenait, il s'aperçut qu'il ne faisait pas chaud, il se tourmenta de n'avoir pas songé tout de suite à rallumer le feu. Des bûches étaient dans un coin, avec du menu bois.

« C'est stupide, je te laisse geler, j'aurais bien pu commencer par là. »

Il s'était agenouillé devant la cheminée, tandis qu'elle criait :

« En voilà une idée encore ! Laisse donc ça, appelle Zoé.

- Non, non ! elle ne sait pas faire le feu, ça m'amuse de le faire. »

Et il eut un rire de triomphe, quand un grand feu clair pétilla, emplissant la chambre d'une joie nouvelle. Maintenant, disait-il la chambre était un vrai paradis. Mais il avait à peine fini de se débarbouiller et de se vêtir, que la cloison, derrière le lit, fut ébranlée à coups de poing.

« Ah ! les gaillards, reprit-il gaiement, les voilà réveillés !... Bah ! c'est aujourd'hui dimanche, laissons-les venir. »

C'était, depuis un instant, dans la chambre voisine, tout un bruit de volière en rumeur. On entendait un caquetage, un gazouillis aigu, que coupaient des fusées de rires. Puis, il y eut des chocs assourdis, sans doute des oreillers et des traversins qui volaient tandis que deux petits poings continuaient à battre du tambour contre la cloison.

« Oui, oui ! dit la mère souriante et inquiète, réponds-leur, dis-leur qu'ils viennent. Ils vont tout casser. »

Le père, à son tour, tapa du poing. Alors, ce fut, de l'autre côté du mur, une explosion de victoire, des cris de joie triomphants. Et le père eut à peine le temps d'ouvrir la porte, qu'on entendit dans le couloir un piétinement, une bousculade. C'était le troupeau, il y eut une entrée magnifique. Tous les quatre avaient de longues chemises de nuit qui tombaient sur leurs petits pieds nus, et ils trottaient, et ils riaient, leurs légers cheveux bruns envolés, leurs visages si roses, leurs yeux si luisants de joie candide, qu'ils rayonnaient de lumière. Ambroise, bien qu'il fût le cadet, cinq ans à peine, marchait le premier, étant le plus entreprenant, le plus hardi. Derrière venaient les deux jumeaux, Blaise et Denis, fiers de leurs sept ans, plus réfléchis, le second surtout qui apprenait à lire aux autres, tandis que le premier, resté timide, un peu poltron, était le rêveur de la bande. Et ils amenaient, chacun par une main Mlle Rose, d'une beauté de petit ange, tirée à droite, tirée à gauche, au milieu des grands rires, mais dont les deux ans et deux mois se tenaient quand même gaillardement debout.

« Ah ! tu sais, maman, cria Ambroise, j'ai pas chaud, moi ! Fais une petite place ! »

D'un bond, il sauta dans le lit, se fourra sous la couverture, se blottit contre sa mère, de sorte qu'il ne montra plus que sa tête rieuse, aux fins cheveux frisés. Mais les deux aînés, à cette vue, poussèrent un cri de guerre, se ruèrent à leur tour, envahirent la ville assiégée.

« Fais une petite place ! Fais une petite place !... Dans ton dos, maman ! Contre ton épaule, maman ! »

Et il ne resta par terre que Rose, hors d'elle, indignée. Vainement, elle avait tenté l'assaut, elle était retombée sur son derrière.

« Et moi ! maman, et moi ! »

Il fallut l'aider, pendant qu'elle se cramponnait, se hissait des deux poings, et la mère la prit entre ses bras, ce fut elle la mieux placée. D'abord...

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