Ma peau mérite toutes les douceurs du monde

Courtes histoires sages et peu sages pour adultes
 
 
Librinova (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 18. Dezember 2017
  • |
  • 140 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
979-10-262-1492-2 (ISBN)
 
Ce sont des gens simples. Vraiment simples. De ceux que l'on ne veut pas regarder. De ceux à qui on ne prête pas d'histoires qui marquent la peau, électrisent les souvenirs. Dans ces courtes histoires, il n'y aura ni hélicoptère, ni supra-richesse, ni muscles à en mourir, ni luxe à ne plus savoir où donner de la tête. Juste des gens simples, qui se rencontrent, se séduisent, doutent d'eux-mêmes, y vont quand même, s'aiment, se rejettent, parfois font l'amour, mais pas que. Pendant que certains se tournent autour, d'autres nous plongent au plus profond de leurs ténèbres. Des gens simples. Des histoires sages. Et quelques fois peu sages. Pour adultes.

La Tchipie est une jeune femme agitée, bloggeuse, caribéenne.
  • Französisch
  • 0,22 MB
979-10-262-1492-2 (9791026214922)
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RENDEZ VOUS
DU PLAISIR
AU GRAND PALAIS


 

Il est 16 h, Samedi 16 Mai 2015, Paris.

Je suis au Grand Palais, entourée des robes de Jean-Paul Gaultier. Je n'ai jamais autant stressé qu'aujourd'hui. Toutes mes amies savent que je suis de sortie, mais personne ne sait qu'aujourd'hui est une journée spéciale. Je rencontre M.D., pour la première fois, du moins, je le vois en chair et en os, de dos, là tout de suite pour la première fois. J'ai chaud de partout. Je ne sais pas si c'est ma veste, mes sous-vêtements trop serrés, la foule ou le stress, mais Dieu, que j'ai chaud.

Je sens mon clitoris battre la chamade entre mes cuisses rien qu'en le voyant. Un festival d'envie se déchaîne de la pointe de mes seins au fond de ma vulve. Je n'ai qu'une envie : figer le temps, l'espace, les corps qui se bousculent autour de moi et me mettre à quatre pattes pendant qu'il me chevauche le cul au milieu de cette foule d'inconnus. Je sens que je transpire, je n'aime pas ça.

 

Dois-je m'approcher de lui maintenant ? Il ne sait pas pour le moment que je suis déjà là, juste dans son dos. J'ai envie de traverser cette foule immense, de m'approcher de son dos, me mettre sur la pointe des pieds pour que ma langue lui lèche la nuque, tout en profitant pour lui tâter le sexe dans la main droite. Les vigiles me foutront dehors si je fais ça. Et puis, je ne suis pas assez folle pour faire ça comme ça. Mon Dieu. Si vous saviez.

J'ai parlé à M.D. par hasard. Je flânais sur Facebook quand mon regard a atterri sur sa bouche gourmande. Il était là, offert à mes yeux, buste nu, photographié par un ami. Mon célibat a retenti entre mes cuisses. Je voulais que mes cuisses fassent prisonnières sa gueule d'amour de ma chair généreuse. Ce désir était violent, inattendu, désespérant.

J'ai pris 4 jours pour me décider à trouver qui était cet homme.

Bien évidemment, histoire de me faciliter la vie, cet homme était mannequin. J'ai toujours le chic de vouloir des hommes presque inatteignables. Mon désir se faisait fort.

Il fallait que je lui parle, que je lui dise n'importe quoi, même un « Merde », juste un mot pour que la soupape d'envie de baise avec l'inconnu à la gueule d'amour puisse sauter. J'ai trouvé son Facebook, merci Mark Zuckerberg.

 

Deux heures d'expo plus tard, nous étions dehors. Nous avions pu échanger quelques banalités, mon lapsus sur la fellation m'ayant dévoilée plus que nécessaire, je ne savais pas quel tour de passe-passe faire pour qu'il retrouve de moi l'image de la femme la plus pure au monde.

« Et ce café, chère amie ? » me dit-il, les yeux brillants.

Et me voilà à risquer ces quelques lignes :

 

Bonjour M.D.,

J'ai vu les photos que l'on vous a faites, vous êtes juste sublime. Votre visage a beaucoup de caractère, vous êtes sensuel, avec ce quelque chose d'insondable et de mystérieux.

À coup sûr, vous aurez une belle carrière. Je vous souhaite de continuer dans votre belle voie et de continuer à enchanter nos yeux et nos fantasmes.

 

J'étais sincère, on ne peut plus sincère. C'est comme ça, même si la parole est poussée par ma chair, je sais être sincère, je veux être sincère. Je ne m'attendais pas à une réponse, mais.

 

Bonsoir Mademoiselle, c'est très agréable d'entendre ce que vous me dites. Je vais continuer à bosser ainsi.

À bientôt.

MD

 

Ce seul et unique message a égayé ma sombre journée ce moment-là. J'avais l'impression de me rapprocher de son corps. Si seulement je pouvais rapprocher mon sexe de lui, juste un peu, juste près de son visage, voilà, comme ça, juste assez pour qu'il puisse voir, regarder, se lover dedans, le respirer, et le bénir. Je ne demande pas beaucoup, juste un soulagement que lui seul peut m'offrir.

 

Les mois ont passés et par la grâce de Dieu, nous avons continué à échanger lui et moi. Tout d'abord sur nos âges. J'étais la plus âgée des deux. Ensuite sur nos goûts musicaux. Bien évidemment, je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire que l'un de mes sons préférés était « I luv this shit » d'August Alsina. En fait, je m'en foutais du chanteur. Ce son ne m'inspirait que le rythme que je devrais donner à ma bouche pour lui offrir une fellation digne de ce nom.

 

La foule s'écarte. Je vois sa nuque, sa si belle nuque. Mon portable sonne, il me demande où je suis, me dit qu'il est debout devant les mannequins « Vierges ». Qu'elles sont belles. J'ai un vrai coup de cour pour celle habillée tout de blanc, et ces visages animés qui donnent l'impression qu'une âme habite ces corps. Il est là, devant ces ouvres d'art de l'Enfant terrible de la mode. Dois-je lui répondre ? Ou encore l'observer. Encore un peu, oui, avant que tout s'effondre, que la banalité des rencontres nous oblige à nous rencontrer et à nous décevoir. Pitié cher désir, donne-moi le temps, la joie, le luxe de l'observer encore un peu.

 

Ce rendez-vous au Grand Palais avec M.D. est arrivé après 6 mois d'échanges épisodiques, comme un heureux accident.

Je m'étais rendue quelques jours auparavant à cette même expo des ouvres de Jean-Paul Gaultier avec quelques amies. En regardant l'une des tenues qui avait été portée par Madonna, mon esprit s'est envolé - sans que je comprenne pourquoi - vers M.D. J'avais envie d'être debout là, à côté de lui, à dévorer ces ouvres de mes propres yeux. Comme si sa présence aurait donné une dimension spirituelle à ma petite excursion artistique.

Dieu que j'en avais envie.

 

En rentrant de l'exposition, je lui ai envoyé ce message :

 

Bonjour M.D.

Je suis passée au Grand Palais, à l'exposition de Jean-Paul

Gaultier. J'ai eu une pensée pour vous. Allez-y à l'occasion, son univers vous inspirera peut-être, dans l'émotion, dans le travail du masculin/féminin, dans la notion d'être soi et extravagant. (émoticône sourire). Bonne journée.

 

Quelques heures plus tard, ma boîte eu l'honneur de recevoir un message de lui :

 

Bonjour, j'espère que tout va bien de votre côté.

Écoutez, si j'ai l'occasion d'y aller, je n'y manquerais pas. Il est vrai qu'il est important pour moi de prendre en considération cette dimension d'extravagance, cette perception de soi.

Elle me permettra de me différencier des autres mannequins par des jeux de regards plus intenses. C'est toujours un plaisir de vous écrire, à bientôt.

M.D.

 

En lisant cette dernière phrase : « C'est toujours un plaisir de vous écrire », je ne pouvais pas m'empêcher de penser à mes lèvres sur son sexe. Quel goût avait-il ? Aurais-je, un jour, le droit de le goûter du bout des lèvres ? Aurais-je le droit de jouer avec son gland en y ajoutant une pointe de lubrifiant au Monoï, me donnant une sensation d'évasion caribéenne au beau milieu de Paris ?

Je devais, je devais oser.

« Bonjour M.D., souhaiteriez-vous une rencontre ? Quelque chose de léger, en ce beau temps. Un café ?

- Bonjour. Mon emploi du temps est quelque peu chargé, mais je peux être disponible le 16 Mai, en après-midi. Où souhaiteriez-vous prendre ce café ? »

 

Dans une chambre d'hôtel mon chéri, te chevauchant la queue, le café giclant de partout, et moi, recueillant chaque gouttelette de sauvagerie caféinée sur ton corps, grâce à des petits coups de langues bien posés, notamment vers ton nombril. Je faisais une obsession d'une nouvelle partie de son corps. Après la nuque, ton petit trou caché.

 

« Merci M.D. pour votre disponibilité. Nous pourrions le prendre au Grand Palais ?

- Avec plaisir chère amie.

- Enfin, je veux dire, pas forcément « café » au Grand Palais, mais, nous pourrions aller voir ensemble cette expo de

Jean-Paul Gaultier. J'aimerais tout particulièrement vous montrer les « vierges », elles sont si belles.

- Vous ne vous ennuierez pas ? Ecoutez, vous avez déjà vu cette exposition. Ne vous embêtez pas pour moi. Nous pouvons nous voir ailleurs si vous le souhaitez. Qu'en dites-vous ? »

Qu'en dis-je ? Je dis que si je ne pouvais écrire que d'une seule main à la même vitesse qu'avec les deux mains, je serais en train de me doigter pendant qu'il m'écrit, tant cette conversation banale avec cet apollon m'excite.

« Non, ne vous en faites pas pour moi M.D. Donnons-nous rendez-vous à 16 h, au Grand Palais, devant les « vierges » de Jean-Paul Gaultier.

- J'ai hâte, à Samedi. Je vous embrasse.

- Je vous embrasse également. »

 

J'étais plus proche de lui désormais, à une dizaine de centimètres. Je sentais son parfum que je ne reconnaissais pas.

Que lui dire ? Un « Bonjour », stressée comme je suis, j'étais à deux doigts d'oublier mon prénom.

Et si je faisais simple ?

Je me suis approchée de lui.

 

Une femme âgée m'avait laissé un emplacement assez grand pour que je puisse y placer mon corps, mes fesses et mon désir de lui, juste à sa droite.

Je l'effleurais. Ses poils pouvait-il se hérisser à mes côtés ?

Sans le regarder, je risquai un :

« Bonjour M.D.,

- Je vous avais vu, me dit-il sans tourner la tête. Aviez-vous peur de moi ?

- No. Non. Je suis juste un peu...

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