Marie Tavernier guillotinée en 1802

Victime ou coupable ?
 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
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  • erschienen am 11. Mai 2020
  • |
  • 116 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-24510-9 (ISBN)
 
Un jour, notre cousin généalogiste éclairé nous fit parvenir un curieux document issu des Archives du Tribunal Criminel du département de l'Orne à Alençon : « Affaire Marie Tavernier »
Une affaire digne d'un roman feuilleton, un scénario pour une docufiction !
A partir de ce seul document contenant une bonne dizaine de pages, nous allons suivre son périple criminel, tout en nous posant la question de savoir, sans juger, si Marie fut victime d'un mariage malheureux et non consenti ou une machiavélique criminelle coupable d'assassinat sur son mari Jean Triboult... Comment et pourquoi ? On va le découvrir...
Il y a donc la femme, le mari, l'amant et l'ami, et ce n'est pas du Vaudeville mais un événement réel...
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,40 MB
978-2-322-24510-9 (9782322245109)
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Plutôt versé dans l'écriture d'ouvrages professionnels faisant référence, Daniel Tavernier s'est attelé ponctuellement à la narration d'un événement touchant sa généalogie.
De la docufiction, une peinture qui commence avant le Révolution et qui se termine sous le Consulat. Un exercice de style nouveau pour lui mais passionnant !
La vie à la ferme Beauval...

1790.

La Bellière.

Au cimetière de la Bellière le curé quitte Marie et Marin, les laissant là un peu penauds dans une attente silencieuse, pesante. Marie ne connaît que peu son cousin et Marin tente de s'imaginer qu'il devient en quelque sorte un père pour elle. Non pas, il ne peut pas même y songer ! Un tuteur, au mieux, qui ne crachera pas sur une petite main qui s'occupera des choses du quotidien. Peut-être aidera-t-elle aussi pour la traite des vaches ou pour les garder au pré ?

Encore empreint de quelque religiosité de son enfance, il s'incline sur le tertre que les fossoyeurs ont pelleté sur le corps du père. Une prière basse en latin se terminant par « Agnus dei, qui tollis peccata mundi dona nobis pacem ». Il la récitait automatiquement sans pouvoir lui donner un sens sinon qu'il savait la psalmodier avec le curé lors des enterrements. Et un signe de croix sur l'emplacement où sa tante, la femme du père, gît.

A midi, c'est en silence que Marie et Marin se rendent au fermage rassembler les quelques affaires et meubles qu'elle prendra avec elle dans la charrette qui la conduira à la ferme Beauval de Cercueil.

Une femme du hameau se donnant l'air affligé aide à ficeler les baluchons. Elle n'emportera pas grand-chose la gamine... sans oublier les provisions qui restent : une motte de beurre, des salaisons et un jambon, des pots de haricots et de pois secs ; et une miche de pain. Très important le pain qui représente la principale nourriture du paysan et qui coûte si cher26 !

Le chemin mesure bien deux lieues27 en passant par la ferme de la Rochette, puis en traversant par le bois de Grandmont de la forêt d'Écouves, principalement constituée de chênes et de hêtres Du feuillu et du boulot aussi. Toujours ce silence pesant qu'impose le rythme du percheron qui tire la charrette à ridelles, une sorte de gêne entre inconnus qui n'ont rien à se dire mais qui font tourner en leurs têtes toutes sortes de questions n'ayant pas encore eu le temps de s'organiser en un début de conversation. Mais les questions restent enfermées tant on évite de parler le premier. On n'ose pas rompre le silence...

Un adulte trentenaire et une gamine de onze ans... Deux entités non synchronisées et a priori non synchronisables ! Alors on s'observe sans se regarder... Et puis quoi dire ? Qu'ils vont vivre sous le même toit, qu'elle aidera à la cuisine et l'étable, qu'elle ne sait pas de ce que sera ce soir, ni demain ? Pour elle, une sorte d'hébétude...

Le chemin des « Prés à Jean » et bientôt le Cercueil.

Puis la ferme de Beauval. Une vieille bâtisse de vie épaulée d'une étable, de l'écurie et d'une grange à foin. Une soue et un poulailler sur l'autre côté d'une cour où trône un puits. Un couple28 de domestiques de ferme : un ouvrier s'active à l'étable, apportant du foin aux bêtes, et une femme, peut-être la sienne, qui rentre les volailles.

La charrette s'arrête devant le perron d'entrée dallé de larges marches de pierre. L'ouvrier s'arrête tout en observant la Marie qui descend du marchepied. « Pas bien épaisse la fillotte ».

Pour ce soir, Marin s'assied à sa place en bout de table, dos à la cheminée, le regard couvrant l'entrée et les deux domestiques. Anne, assise sur le côté près de la cheminée où dans le chaudron mijote une soupe de légumes faite de haricots, de poireaux, de carottes, de navets et d'un gros oignon, le tout allongé d'un bout de lard. Marie se place à côté d'elle, face à Joseph, déjà en place pour que demain elle commence à servir.

Après avoir signé la croûte à la pointe du couteau, Marin tranche une épaisseur de la miche apportée en soirée du fermage de la Bellière, en distribue d'abord à l'homme puis aux deux femmes ; et enfin il se sert et repose son « Rouennais »29, outil multi tâches que tous les paysans et éleveurs du pays Normand tiennent dans leur poche.

« Bénissez ce repas, Seigneur. » Très lacunaire prière qu'il n'a pas apprise en latin parce qu'il ne pratiquait la langue qu'à la messe ; mais il ressentait le besoin atavique de la dire, ne serait-ce que par tradition. Un rituel automatique.

Anne sert la soupe dans les assiettes en grès, où chacun émiette la mie et y ajoute une cuillerée de crème fraîche.

Un morceau de fromage termine le repas accompagné d'une bolée de cidre sec et astringent.

Puis d'un geste large Marin passe sa main autour de l'assiette, récupère les miettes et les mange. Enfin après avoir replié son couteau, il se lève, clôturant ainsi le temps accordé à la nourriture des corps.

Il sort ensuite, suivi par Joseph, pour fumer une pipe faite de terre cuite. Un petit fourneau rallongé d'une tige en bois. Le tabac coûte cher mais il reste accessible si on le consomme avec parcimonie. Un moment unique dans la journée, et qui aide à réfléchir sur les jours qui arrivent et sur le travail à prévoir.

Anne reste avec Marie. Pour elles la journée n'est pas terminée. Elle doit lui apprendre à trouver rapidement ses repères et l'ouvrage de la maisonnée : faire la vaisselle, ranger les ustensiles et les couverts, placer la nourriture à l'abri, balayer le sol... pour ce soir. Demain il fera jour !

« C'ti pas le malheur ma pauvrette ! J'va t'apprendre à te t'nir ici. »

Marie tente un sourire mais encore sous le choc de tout ce qui lui est tombé sur la tête depuis trois jours, elle ne peut pas réagir vraiment.

« T'as d'la fortune d'une bonne maison. Laissons les hommes dehors. J'va t'montrer ta pièce à coucher. »

Elle dormira dans une petite chambre derrière la pièce où ils ont dîné. Par chance, chauffée l'hiver car attenante au dos de la cheminée de la pièce principale. Anne et Joseph logent au dessus de l'écurie. Une petite fenêtre donne sur la cour. Ainsi elle sera levée et rapidement en place pour attiser le feu sous le chaudron dès le matin avant que tous ne s'agitent. Mais elle sera vite rejointe par Anne pour commencer la journée. Servir les hommes qui s'occuperont des bêtes et de la ferme. Elles, elles assureront les services de ménage et de préparation culinaire avant d'aller nourrir les cochons avec les épluchures et sortir la volaille pour ramasser les oufs du jour. Puis la traite des vaches avant qu'elles ne retournent au pré, l'écrémage du lait puis la baratte. Après, c'est selon. La petite lessive du mois à la rivière, le raccommodage... L'ouvrage ne manque pas.

Oui, elle jouit de la fortune du logis la Marie, et Anne aussi qui tenait jusqu'à maintenant la maisonnée, y compris le rôle dévolu aux femmes concernant la responsabilité de sa tenue. C'est sur elle que Goupil, à défaut d'épouse, comptait pour acheter selon les besoins, pour prévoir les travaux d'entretien domestique, pour le linge et les réserves... Elle doit à présent transmettre tout ce savoir-faire indispensable, voire vital, à la petite. Et elle passera la main lorsqu'elle sera prête, le temps de la marier.

Et s'il arrive parfois qu'elle reste debout30 lors des repas, ce n'est pas par soumission envers celui qui porte le chapeau mais pour le service que sa fonction domestique impose. Ici, même si « le chapeau doit commander la coiffe »31, les ordres viennent plutôt d'une décision prise sur avis entre gens du même toit.

Arrivée pubère à Beauval, Marie se forme et devient jeune fille. Mais elle ne grandira plus, du haut de ses un mètre cinquante-sept ! Elle est cependant vaillante et participe à bien tenir la ferme, autant pour les services ménagers dévolus aux femmes que pour ceux dévolus à la ferme. Une vie presque familiale s'installe. Elle regarde autrement Marin maintenant. Plus tout à fait comme un cousin, plus tout à fait comme un tuteur... Plutôt comme une femme en devenir.

La vie suit son cours malgré le chaos climatique et où la disette revient tourmenter les ruraux comme les citadins. Et l'inflation des prix des denrées ! Au point que Robespierre fait voter la Loi du Maximum32 par l'assemblée Nationale. Loi vite abolie par les libéraux et qui provoquera en 1794 des émeutes partout en France.

Des étés où l'herbe s'assèche avant même de devenir fourrage. Les granges se vident du foin avant que le printemps ne revienne. Les bêtes meurent de faim ou de maladie... Et les enfants et les vieillards...

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