On peut naître une deuxième fois

Mémoires
 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 15. Januar 2018
  • |
  • 104 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-14945-2 (ISBN)
 
ON PEUT NAÎTRE UNE DEUXIÈME FOIS
Cet ouvrage n'a pas la prétention d'être un livre de Mémoires, genre littéraire en vogue actuellement. Il s'agit plutôt d'une sorte de mosaïque faite de petits morceaux plus ou moins justement assemblés. Un assemblage d'images affleurant dans la mémoire de l'auteur. Sans le déroulement logique d'un récit évènementiel, mais seulement dans une chronologie très souple. Son intérêt réside surtout en ce qu'il s'agit de l'évocation d'une tranche de vie située dans les dernières années de l'entre-deux-guerres. Période riche en recherches et innovations dans de nombreux domaines, plus particulièrement à Barcelone où le Modernisme Catalan, appelé " Noucentismo " ou Art Nouveau, fut des plus féconds, surtout dans le domaine de l'architecture, des arts plastiques et des Lettres. C'est dans ce cadre et cette ambiance que s'est déroulée l'enfance de Marie-Andrée RICAU-HERNANDEZ, ici évoquée.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,28 MB
978-2-322-14945-2 (9782322149452)
2322149454 (2322149454)
weitere Ausgaben werden ermittelt
MARIE-ANDRÉE RICAU-HERNANDEZ
Née à Laon, Marie-Andrée RICAU-HERNANDEZ, après un court séjour en région parisienne puis à Toulouse, part à l'âge de 6 ans pour Barcelone où son père installe la représentation des Chemins de Fer et du Tourisme Français. La guerre civile espagnole les ramène en France mais seulement pour 3 ans. En 1939 c'est à nouveau l'Espagne. Madrid et le lycée français puis le Conservatoire National de Musique (classe piano). Diplômée, elle revient à Paris en 1948 où, tout en gardant contact avec la musique, elle enseigne l'espagnol et acquiert en Sorbonne les titres de licence et agrégation d'Espagnol. Enseignante à Reims, elle inaugure dans la nouvelle Université un département de Langues Romanes avec spécialisation Amérique Latine. Elle prend sa retraite à Lectoure avec son mari, peintre mexicain et poursuit des activités littéraires et musicales. Elle a écrit de nombreux articles (Revues d'Etudes Mexicaines de l'Université Toulouse-Mirail, Revues des Américanistes de Paris et de la Société Suisse des Américanistes, Etudes azoriniennes de l'Université de Pau) et deux ouvrages : Histoire et Evolution d'un domaine de Gascogne (Triqué), Presses Universitaires de Reims et l'Univers romanesque d'Azorin (écrivain espagnol). Thèse de Doctorat d'Etat presses de l'Université Toulouse-Mirail.

PROLOGUE


De la petite enfance, on ne garde généralement que quelques souvenirs brumeux, flous et pâles comme de vieilles photographies ; comme des bribes de pages arrachées à l'on ne sait quel livre et qui, parfois, s'échappent de l'inconscient, sans cohérence, pour revivre dans la mémoire pendant quelques instants fugitifs.

Falaises. Une journée grise - gris Sur gris - Sur une côte du nord de la France. La maman de Chloé a voulu voir la tombe d'un de ses frères, dans le grand cimetière militaire de 1918. Petites croix blanches, toutes pareilles, alignées jusqu'au bord des falaises. Au delà, une ligne gris pâle : la mer. Falaise. Bande étroite de galets gris où la marche est pénible, instable, pour les petites plantes de pied à la peau rose et fragile ! Galets arrondis, polis, plus foncés et luisants par endroits parce que mouillés. La sensation étrange de se sentir coincée, comme dans un rêve un peu angoissant dont on ne pourrait s'échapper. Coincée entre le mur des falaises et une étendue gris pâle qui avance par intervalles et s'arrête Soudain sur une frange d'écume, juste avant d'atteindre la falaise. Plage de Wimereux...

Un arbre immense au gros tronc rugueux. Au fond d'un jardin tout en longueur - fleurs, fruits et potager - derrière le pavillon d'une banlieue parisienne. Une petite fille, trois, quatre ans à peine, est juchée dans l'arbre : Chloé. Elle cueille les cerises et, comme les merles, elle recrache et fait tomber dans l'herbe les noyaux. Un grand panier, au pied de l'arbre, se remplit peu à peu : c'est la cueillette, à la maison. On aura tous les jours une dessert à portée de la main et, aussi, des confitures. La maman attrape Chloé, comme un petit chat agrippé aux branches. Un petit chat avec des boucles d'oreilles de cerises et qui rit. Pour un peu, c'était l'indigestion ! Jardin de Soisy. Montmorency est proche : le royaume des cerises.

« Mademoiselle toute en laine ». C'est Chloé, un matin d'hiver gris et froid. Une des religieuses du pensionnat paroissial de Soisy habille chaudement la petite fille ; des bas de laine, jupe et corsage tricotés, une écharpe, en laine elle aussi, enroulée autour du cou. Chloé va déjeuner dans le petit réfectoire, vide à cette heure ; un bol de chocolat au lait avec des petits morceaux de pain trempés dedans : des « mouillettes » comme on dit pour les oufs à la coque. Le frère de Chloé n'est pas là, il s'est levé de bonne heure, comme les autres pensionnaires, pour entrer dans l'une des petites classes où il est inscrit depuis longtemps. A l'heure de la récréation, bientôt, Chloé ira dans la cour jouer avec les autres enfants : à cette époque, il n'y a pas encore de crèches, ni presque de maternelles ; les tout petits restent à la maison avec leur maman ou, chez les familles riches, avec leur nounou. Chloé et son frère sont au petit pensionnat pour plusieurs jours. Les parents les y ont laissés en garde ; sans doute ont-ils dû s'absenter pour chercher un appartement à Toulouse où il va falloir prochainement s'installer.

A Soisy, le père de Chloé joue parfois du violon ; un son chaud, moelleux, vibrant, pour bercer Chloé dit-il, mais qui donnerait plutôt envie de pleurer. « Arrête ! Tu vas rendre malade cette enfant ! ». L'enfant tressaute sans répit, en cadence, les deux mains agrippées à la balustrade qui borde le petit lit ; elle chantonne - « Ah, Ah, Ah. » - d'une petite voix de chaton. Rythme de la musique qui, ainsi, à l'éveil de la vie, fera naître un rythme musical intérieur ; un rythme qui sera celui de Chloé, pendant longtemps, longtemps. La maman de Chloé a une très jolie voix. Elle aime chanter. L'un et l'autre ont formé avec quelques amis de Soisy un groupe de musiciens amateurs. Il y a des petits concerts et puis l'animation des messes du dimanche à l'église et surtout, celle de la nuit de Noël. C'est ce qu'entendent dire les enfants : ils n'y vont pas, ils sont encore trop petits. De Noël, ils ne se rappelleront que de petits cadeaux, de très bon matin, dans les pantoufles bien alignées au pied d'un Jésus qui vient de naître et leur sourit.

« De quel instrument aimerais-tu jouer ? » C'est le père de Chloé qui parle. La maman, à côté, écoute. Chloé, entre eux, haute comme trois pommes, lève la tête et les regarde. C'est presque l'été. Il fait chaud dans l'appartement perché au quatrième étage (un escalier en bois, raide, tournant, sans ascenseur), en plein centre de Toulouse, donnant sur la chapelle du musée des Arts. Dehors, les tramways, bruyants, font sonner leurs timbres, un son métallique incessant ; les automobiles klaxonnent pour un oui ou pour un non. Chaleur, bruit, poussière d'un début d'été. Chloé ne réfléchit pas, elle lance spontanément : « Je voudrais faire de la harpe ». Pourquoi, de la harpe ? Elle a dû l'entendre dans un concert où ses parents l'ont emmenée avec son frère ; et ces cordes, éveillant un écho magique, l'ont fascinée. Elle a cinq ans, elle apprend déjà le solfège avec une vieille dame un peu redoutable, un peu bougonne, qui scande avec une baguette sur le pupitre du piano les mesures qu'il faut apprendre à respecter. Chloé n'aime pas beaucoup les séances de solfège ; elle gardera le souvenir de l'odeur de vieux papier du cahier un peu corné, un peu jauni, où des générations d'élèves ont dû, comme elle, étudier leurs leçons de musique. Mais la harpe, qu'elle a eu l'occasion de voir et d'entendre, c'est le rêve !. « Hélas ! » dit son père, « ce n'est pas possible : nous bougeons trop et voyagerons beaucoup. Comment pourrais-tu transporter sans cesse ta harpe ? Mais, si tu le veux, tu peux apprendre le piano ; il y en aura partout à ta disposition, même dans les hôtels ». Bon ! Chloé se résigne ; mais, malgré tout, elle n'est pas trop déçue : son avenir musical est tracé.

Des fleurs, dans de grands vases, des corbeilles en osier tressé : lys, roses, seringa. Des fleurs blanches, partout, des candélabres dorés, des chants d'enfants entourés par les dames catéchistes. L'église Saint-Jérôme, à Toulouse, bondée. Curieuse église, au rez-de-chaussée de hautes maisons (les gens vivent au-dessus, c'est étonnant) qui furent le couvent des Hiéronymites, en plein centre de la ville - le vieux châtelet du Capitole est à deux pas - et dont l'autre curiosité est qu'elle est une sorte de passage (elle a deux portails latéraux de sortie mais pas de portail principal, au bout d'un long couloir) entre deux rues passantes.

Eglise dont l'intérieur fait penser à un petit théâtre du l8ème siècle : boiseries peintes en vert pâle, formant des panneaux soulignés de dorures, plancher au lieu de sols de marbre ou carrelés. Mais Chloé ne saura pas se rappeler tout cela, même en une mémoire lointaine, brumeuse : elle est trop petite pour prêter attention à un décor ancien. Ce dont elle se souviendra, oui, c'est qu'elle est habillée de blanc : un petit costume marin en coton blanc, jupe courte plissée, bas blancs et souliers blancs à barrette. Sur la tête, une couronne de fleurs de lys, bien calée (pour ne pas risquer de tomber !) sur des cheveux noirs coupés court, avec une frange sur le front à la Claudette Colbert - c'est l'époque -. Les enfants s'avancent en double file : garçons sur une, filles sur l'autre, jusqu'à la table de communion recouverte d'une longue nappe blanche amidonnée, ourlée de dentelle empesée, sous laquelle il faudra passer les mains pour recevoir l'hostie. Les dames catéchistes et monsieur le curé - ou son vicaire - leur ont bien expliqué tout cela. Chloé est une des plus petites, peut-être la plus jeune : elle n'a pas encore l'âge de raison, même pas six ans ; mais on a jugé sans doute qu'elle était assez grande et avait appris suffisamment de catéchisme pour faire sa première...

Schweitzer Klassifikation
BISAC Classifikation
Warengruppensystematik 2.0

Dateiformat: EPUB
Kopierschutz: Wasserzeichen-DRM (Digital Rights Management)

Systemvoraussetzungen:

Computer (Windows; MacOS X; Linux): Verwenden Sie eine Lese-Software, die das Dateiformat EPUB verarbeiten kann: z.B. Adobe Digital Editions oder FBReader - beide kostenlos (siehe E-Book Hilfe).

Tablet/Smartphone (Android; iOS): Installieren Sie bereits vor dem Download die kostenlose App Adobe Digital Editions (siehe E-Book Hilfe).

E-Book-Reader: Bookeen, Kobo, Pocketbook, Sony, Tolino u.v.a.m. (nicht Kindle)

Das Dateiformat EPUB ist sehr gut für Romane und Sachbücher geeignet - also für "fließenden" Text ohne komplexes Layout. Bei E-Readern oder Smartphones passt sich der Zeilen- und Seitenumbruch automatisch den kleinen Displays an. Mit Wasserzeichen-DRM wird hier ein "weicher" Kopierschutz verwendet. Daher ist technisch zwar alles möglich - sogar eine unzulässige Weitergabe. Aber an sichtbaren und unsichtbaren Stellen wird der Käufer des E-Books als Wasserzeichen hinterlegt, sodass im Falle eines Missbrauchs die Spur zurückverfolgt werden kann.

Weitere Informationen finden Sie in unserer E-Book Hilfe.


Download (sofort verfügbar)

6,99 €
inkl. 19% MwSt.
Download / Einzel-Lizenz
ePUB mit Wasserzeichen-DRM
siehe Systemvoraussetzungen
E-Book bestellen

Unsere Web-Seiten verwenden Cookies. Mit der Nutzung dieser Web-Seiten erklären Sie sich damit einverstanden. Mehr Informationen finden Sie in unserem Datenschutzhinweis. Ok