Errances

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 11. August 2020
  • |
  • 145 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-24043-2 (ISBN)
 
Nouvelles, généralement courtes. Deux protagonistes, tour à tour exaltés ou malmenés, l'amour et la vie.

Edition revue et corrigée. Inclut : La question elle est vite répondue.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,41 MB
978-2-322-24043-2 (9782322240432)
Christophe NOËL a connu un parcours atypique, pratiquant bien des métiers: apprenti puis compagnon tapissier, vendeur ambulant, homme à tout faire dans un petit hôtel, surveillant d'externat, aide-comptable, distributeur de journaux, cadre responsable de centre, intérimaire, représentant, chef des ventes, promoteur publicitaire, visiteur mystère, fonctionnaire. Il est aujourd'hui à la retraite.

Curieux, en éveil perpétuel, grand voyageur (surtout à pied et en voiture), il a vécu 12 ans en Grèce de 1969 à 1981, dont il a rapporté une foule de souvenirs. Il a sillonné la France dans tous les sens, puis pas mal de pays européens, occidentaux comme ceux de l'Est après la chute du mur de Berlin.

Le point rouge


Son arrière-grand-père, Vassili Grigorovitch Zbartov, est arrivé en France en 1905. Il était un Cosaque Zaporogue, fuyant les troubles de la révolution russe avortée. Dans les premiers temps, il coucha sous le pont Mirabeau, avant de trouver un emploi de portier dans un restaurant monté par un de ses compatriotes, émigré lui aussi, mais ayant pris le soin d'emmener avec lui quelques pécunes. Il rencontra une Bretonne montée à Paris comme bonne, qu'il épousa. Des huit enfants que le mariage engendra, cinq survécurent, dont le grand-père de Jean, Sérafim Vassilievitch Zbartov.

 

Né en 1912, engagé très tôt dans l'armée française, Sérafim connut l'Appel du Destin. Il suivit la folle aventure de la France Libre en Afrique du Nord et, sous la houlette du brillant Philippe de Hautecloque (dont le nom de guerre est le bien connu Leclerc) devenu Maréchal Leclerc de Hautecloque, et finit  sa carrière comme Lieutenant-Colonel. Comme son chef illustre autorisé à modifier son patronyme en 1945, il obtint de raccourcir le sien, pour devenir Séraphin Zbart. Marié en 1936 à une pied-noir d'origine alsacienne, il procréa à son tour. De cette union naquirent 3 garçons et 4 filles.

 

Le père de Jean, Maxime Etienne Marie-Joseph Zbart, fils de Sérafim-Séraphin et d'Elsa, naquit en 1937 et grandit en Algérie. Lors de ce qu'on appelait alors pudiquement les « événements », il traversa la Méditerranée fin 1959 pour s'installer à Marseille. Là, il rencontra une Phocéenne d'origine grecque, enfant du Pirée, dotée d'une fortune invraisemblable, qu'il épousa à son tour en 1962.

Jean Zbart naquit en 1970, troisème et dernier fils du couple.

 

Il poussa vite en graine, et monta à Paris en 1988 pour de brillantes études. Au lieu de ça, il fut embringué dans des bandes de potes, plus ou moins communistes, plus ou moins anarchisantes, plutôt plus jean-foutres comme les qualifiait son père, que moins. Maxime, après l'avoir maintes fois dûment sermonné en vain, prié, menacé, exhorté, se résolut à lui couper les vivres, les conditionnant à une reprise active des études.

Bonne pâte malgré tout, Jean fit des efforts pour se conformer au diktat paternel. Réellement. Il était déterminé à s'amender, foi d'animal. Il fit part de cette intention à ses amis et petites-amies, qui rirent tous à gorge déployée, lui prédisant que, dans même pas une semaine, il serait de retour sur le pont. Que nenni, s'enferra-t-il, vous verrez, cette fois-ci, je tiendrai parole. Vous ne me reconnaitrez plus, affirma-t-il.

 

Mais, aussitôt les subsides lâchés par la main paternelle, il repartit les poches lestées chercher bonne fortune dans les troquets, boîtes de nuit, et les bas-fonds glauques de la nuit parisienne. Tant et si bien qu'au lendemain matin il ne lui restait plus rien. L'alcool, les filles, les cartes, la nuit, avaient tout englouti. Peut-être même avait-t-il été aidé dans l'entreprise, par une ou deux mains lestes.

 

Il se réveilla tard dans la matinée dans une chambre inconnue, dans un lit aux draps froissés et poisseux, aux côtés d'une jeune femme aux seins lourds et aux cuisses grasses, les aisselles et le sexe pas rasés, aux lourds cheveux roux en auréole autour d'une tête minuscule en comparaison. Le rayon de soleil qui l'avait réchauffé et provoqué son réveil filtrait toujours entre les persiennes, aveuglant. Des particules dansaient dans la lumière, tandis qu'à ses oreilles parvenaient les bruits d la ville qui ne dort pour ainsi dire quasiment jamais. Bruits de moteurs de voitures accélérant, coups de klaxon, claquements de portières, chant morne et puissant d'un marteau-piqueur, des cris d'ouvriers s'interpellant joyeusement sur un chantier voisin, parmi les coups de marteau résonnant sur des planches.

 

Coincé contre le mur, il fit des mouvements pour sortir du lit et se lever. Arrivé au bout de son entreprise, il se retourna vers la fille. Elle le considérait, yeux grands ouverts, esquissant un bâillement, les bras en auréole puis tendus au-dessus de sa tête. En réponse à sa muette interrogation, elle lui expliqua qu'il l'avait soulevée dans un rade, fin soûl, et qu'il lui devait 500 balles. Ce n'était pas de sa faute à elle s'il s'était révélé incapable de conclure, ponctua-t-elle.

Il se dirigea vers ses vêtements, qu'il voyait empilés en désordre sur un fauteuil branlant. Il fouilla consciencieusement les poches de son pantalon, de sa veste, y trouva quelques tickets et 2 ou 3 pièces jaunes, qu'il lui tendit, paume ouverte : « Tiens, c'est apparemment tout ce que j'ai », fit-il.

 

Les yeux verts le regardaient maintenant avec une ironie non dissimulée, ainsi qu'une pointe de commisération.

« T'as une bagnole ? demanda-t-elle.

- Nan, j'ai pas de bagnole. Et heureusement, parce qu'entre la circulation dans Paris, les problèmes de stationnement, et le fait de rouler bourré.

- Et tu habites loin ?

- Je sais pas. Un petit studio à Pantin. Parce qu'on est où, là ?

- Là on est au Franc-Moisin, mon gros loup.

- C'est où ça, déjà ?

-  A St-Denis, mon biquet.

- Oh put. t'aurais pas une pièce ou deux à me prêter ? de quoi prendre le métro, au moins ?

- Et puis quoi encore ? déjà que tu me dois 500 balles ! s'exclama-t-elle, puis, se radoucissant face à sa mine défaite, elle lui lança : allez viens, je vais nous faire un kawa, tu partiras après. »

 

Encore vaseux, il accepta. Demanda les toilettes, la salle de bain, histoire de se passer un peu d'eau sur la figure. C'était tout au même endroit, lui expliqua-t-elle.

Il découvrit un local exigu, où on pouvait à peine se tenir debout entre le lavabo, le WC et la baignoire. Mais le tout impeccable, brillant comme un sou neuf. Sur la tablette au-dessus du lavabo, des petits pots de crème à côté du fatal verre à dents garni de la brosse et du dentifrice, et, sur une sorte de minuscule étagère, une petite boîte de bijoux. Pas nombreux ni clinquants, révélant un bon goût certain, préférant la qualité à la quantité.

Il urina sans se soucier de faire du bruit, puis se lava la figure, se passa un peu d'eau dans les cheveux, prit un peigne sur la tablette, et se peigna. Il avait meilleure mine.

 

Quand il sortit de la salle de bains, il entendit « par là ». Il suivit la voix -de toute manière, il n'y avait pas de quoi se tromper, l'appartement était si exigu qu'il n'y avait pas de quoi se fourvoyer. Il la découvrit attablée à un petit rectangle où tenait à peine un plateau, sur lequel deux tasses avec leur soucoupe, un sucrier, une demi-baguette et quelques biscottes attendaient. Le café était en train de passer à grands coups de glouglou et de pschhh dans la cafetière électrique, sur le rebord de l'évier, à côté du minuscule égouttoir.

« Beurre ? confiture ? chocolat ? bonbons ? » plaisanta-t-elle, penchée en arrière et happant au passage le quart de beurre et un pot de confiture dans le mini-frigo. Dans le mouvement, son peignoir fleuri s'entrebâilla, livrant au regard le sein rond et lourd qu'il avait déjà aperçu quelques instants plus tôt.

 

Par une petite baie vitrée au-dessus de la minuscule table, il voyait les barres d'immeubles gris, les parkings un peu désertés à cette heure laborieuse de ses habituelles voitures, les maigres pelouses vertes, pelées par endroits, où s'ébattaient de jeunes enfants poussant des cris joyeux et quelques chiens jappant de concert. Au loin, la grisaille au-dessus de ce qu'il devinait être Paris, les fumées des usines.

Lui qui n'était pas bavard, surtout au réveil, et a fortiori un lendemain de cuite, il se surprit, une bonne demi-heure plus tard, à discuter à bâtons rompus avec cette fille inconnue, pour laquelle il n'avait aucun goût particulier pourtant quelques temps auparavant.

 

Elle s'appelait Nicole, Nicole Fayard. Elle provenait d'un petit patelin en Auvergne, plus précisément du Bourbonnais, Lusigny, à presque mi-chemin entre Moulins et Bourbon-Lancy ou Dompierre, il connaissait ? Mais non, nigaud, pas Lusigny, je m'en doute bien, mais Moulins. ou alors Bourbon ?

A vrai dire, la province, il ne connaissait pas, pas plus Bourbon que l'autre bled qu'elle avait nommé. Lusigny ? Oui, enfin non, l'autre là, Dom machin quelque chose. Dompierre-sur-Besbre, ouais normal, faut être du coin pour connaître ou alors, si on a des notions religieuses, par l'abbaye de Sept-Fonds, à côté, à Diou précisa-t-elle. Des Cisterciens à l'origine, actuellement des Trappistes, ils commercialisent des produits alimentaires : bière et la Germalyne notamment, tu connais ?

 

Donc, elle était « montée » comme on dit à la capitale pour des études. - Tiens c'est marrant, moi aussi. - De quoi ? - Je sais pas, tout m'intéresse, mais j'arrive pas à choisir, et j'arrive pas non plus à me concentrer sur mes études.

- Moi, dit-elle, c'est l'Histoire de l'Art. Ça m'a toujours fascinée, toutes ces créations du génie humain. Et puis j'envisage d'entrer dans un musée, comme conservatrice. Comment t'as fini dans mon pieu ? C'est simple. Mes parents ne sont pas riches, ils en sont même loin. Alors j'ai une bourse, mais c'est vraiment pas énorme, pas de quoi faire des folies. Et parfois, souvent, les fins de mois sont dures, même avec une carte d'étudiant, il y a des dépenses qu'on ne peut...

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