Les kakapos

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 1. Mai 2020
  • |
  • 249 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-22041-0 (ISBN)
 
Les kakapos sont des oiseaux braves et pas trop laids. Mais ils n'arrivent pas à prendre leur envol au sens propre comme au figuré. Après avoir passé des années sans prédateur ni danger, ils n'ont pas réussi à développer leur cerveau pour faire face à l'environnement hostile dans lequel ils vivent.

Gabriel, Yannis et Simon sont des gens braves et pas trop laids. Mais ils n'arrivent pas à prendre leur envol au sens propre comme au figuré. Après avoir passé des années sans prédateur ni danger, ils n'ont pas réussi à développer leur cerveau pour faire face à l'environnement hostile dans lequel ils vivent. Mais un jour de Mai tout va basculer.

Cette histoire, ce n'est pas la vôtre (enfin j'espère).
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,50 MB
978-2-322-22041-0 (9782322220410)
Se référer au numéro de sécurité sociale correspondant

Jeudi noir


En arrivant chez moi, à Aix-en-Provence, j'avais dû un petit peu ralentir car le parking de la société « Garvu » était plein. La société « Garvu », le leader mondial de la cheville, pas les chevilles humaines. Ces petits bouts de plastique appréciés des bricoleurs et que l'on appelle : « Chevilles ». Monsieur et Madame Garvu, étaient mes parents. Michel Garvu, mon père, technicien et théoricien exceptionnel, avait un certain talent pour le marketing. C'est lui qui avait trouvé le slogan génial : « Chez Garvu, nos chevilles ne gonfleront jamais et nos prix non plus ! ». Donc, par conséquent, je n'avais pas besoin de badge pour entrer chez Garvu. Les gens de l'accueil ne m'appelaient pas « Garvu junior » mais tout simplement « Gaby », diminutif de mon prénom Gabriel.


J'avais quand même réussi à trouver une place sur le parking de la société. J'allais rendre visite au PDG dans mes pompes de commercial et ma chemise taillée sur mesure tout en tenant dans la main la bouteille de vin qui lui était destinée. J'arpentais en homme pressé le grand open-space de la firme en faisant de rapides saluts de la main droite mais ce jour-là les employés avaient l'air moins détendu qu'à l'accoutumée. La tension était palpable. En totale opposition avec le doux soleil tranquille qui passait la journée dehors. En entrant dans le bureau du paternel, j'ai tout de suite compris que ce n'était pas le meilleur jour de l'année, sur le plan professionnel du moins.

« Ils vont tous nous avoir ! Mais pourquoi ils ne restent pas dans leur domaine ?!? Philippe, je te rappelle dans deux minutes ! ». Le grand Michel dégoulinait dans sa chemise bleu ciel et ses cinquante-neuf ans commençaient clairement à prendre forme sur son visage, lui qui paraissait si jeune d'habitude. Il m'embrassa.

-Alors grand ? Sympa ce week-end ? demanda-t-il calmement.

Clotilde la chef comptable entra dans le bureau en frappant mollement à la porte.

-Monsieur Garvu, pour le.

Michel devint surexcité en une demi-seconde :

-On fera le compte de résultat à seize heures ! Je vous l'ai dit ce matin !!!

-Mais il est seize heures et quart monsieur.

-On le fera à dix-sept heures !!! Je suis en réunion !

En fait, je ne l'avais jamais vu comme ça. Il semblait ultra-détendu lorsqu'il me parlait et totalement enragé lorsqu'il échangeait avec un membre étranger à sa famille.

-Je reprends, c'était bien la Toscane ? dit-il paisiblement.

-Oui pas mal, en plus il a fait beau. Dommage que Manon n'ait pas pu venir.

-Manon ?

-Papa ! Manon, ma fée, ma princesse depuis trois ans bientôt !

-Ah oui excuse-moi, j'étais un peu ailleurs, une travailleuse. Tu as appelé Jean-Luc pour le stage ?

-Non j'étais en week-end, alors que je sentais des relents de matraque dans le corps.

-Oui, en week-end jusqu'au Jeudi d'ailleurs ! Et la route ? Tu ne t'es pas fait flasher j'espère ?

-Non ! Mais il m'est arrivé un truc incroyable, scandaleux même ! Il faudrait porter plainte je pense !

-Porter plainte ? Contre qui ? Si tu as pris une amende c'est que c'est mérité, il faut laisser la police tranquille. On les critique mais quand il y a une bavure c'est qu'un délinquant les a réellement provoqués !

-Oui, dis-je timidement. Non mais la plainte, c'est un copain qui a eu un problème mais. Non laisse tomber.

-Et, tu as pris l'autoroute ? demanda-t-il comme s'il avait déjà oublié l'évènement. Pourquoi tu te tortilles ? Tu es tombé dans des orties ? demanda-t-il méfiant.

-Non j'ai. J'ai glissé en allant pisser sur un chemin mais ça va, mentis-je, et puis j'ai fait un peu de nationale histoire de ne pas m'ennuyer en conduisant. Et toi ça va ? T'as l'air fatigué ?

-Oh non, trois fois rien ! dit-il en prenant une voix grave. Il y a juste un groupe sino-qatari basé à Dublin et opérant depuis le Luxembourg qui tente de racheter la boîte, à un prix dérisoire évidemment.  

-Des Qataris ? Qu'est-ce qu'ils vont foutre de toutes ces chevilles ? C'est pour remplacer celles de leurs joueurs de foot blessés ? Faut leur dire que ce n'est pas le même type de chevilles !

-Ah, ah, quelle imagination toi ! Ce sont les nouvelles méthodes maintenant. Ils placent leurs pions partout en espérant que ça devienne des rentes pour l'après-gaz !

-Ah ouais c'est chaud. Mais pourquoi tu ne vends pas ? Et avec Maman, vous trouvez autre chose.

-Non ! J'ai des employés qui ont des familles, et surtout on a un honneur. Je ne veux pas qu'ils me prennent pour un kakapo !

-Un « kaka » quoi ? demandai-je surpris.

-Un oiseau présent uniquement en Nouvelle-Zélande, brave mais naïf, qui court mais qui est incapable de voler de ses propres ailes. Ils me font tourner en rond quoi !

-Tu connais la Nouvelle-Zélande ? demandai-je intrigué.

-On y est allé l'année dernière avec ta mère pour le congrès du Pacifique Sud ! Tu te rappelles, tu m'avais bu mes meilleures bouteilles de ma cave !

-Ah oui, d'ailleurs pour me faire pardonner, j'ai ramené une petite bouteille, dis-je en repensant à mon vin italien.

-Et puis ce n'est pas si simple que cela, dit-il en ignorant mon geste. Je pourrais ne pas vendre et tenter de m'associer avec le groupe « Würth » mais ils vont nous bouffer à petit feu même si ce sont des gens très sérieux.

-Vends alors et tu montes autre chose, proposai-je sûr de moi.

-Et j'en fais quoi des cinq-cents collaborateurs ? J'en fais autre chose aussi ?!? Et en plus, « Würth » ce sont les champions de la cheville métallique juste devant nous et je n'ai pas envie qu'ils nous piquent tous nos secrets pour la cheville plastique !

-Mais la cheville plastique « Zèbre-Requin » elle est verrouillée, elle est bien à nous ?

-Oui mais n'oublie pas qu'ils en ont sorti une pâle copie qu'ils ont appelé « Zebra-Shark » ! Ce n'est pas très sport tout de même !

Il commença à redevenir tendu et je sentais que, comme la chef comptable Clotilde, j'allais en prendre plein la tronche car son tempérament variait vertigineusement d'une seconde à l'autre.

-Et toi ? Pourquoi tu n'appelles pas mon vieux copain Jean-Luc pour ton stage ? dit-il avec un petit sourire retrouvé.

-Papa, ce n'est pas pressé et puis de toute façon dans un an ou deux tu pars à la retraite et c'est moi qui reprends la boutique, alors un stage .

-Ce n'est pas pressé ?!? s'énerva-t-il finalement. Bon, écoute-moi bien mon petit gars, Je pense qu'à vingt-huit ans ça devient un peu pressé de travailler si tu vois ce que je veux dire ! Il faudrait songer à débuter un jour !

-J'ai déjà commencé, j'ai fait l'école de commerce après mon bac et j'ai été diplômé.

-Diplômé grâce au compte en banque de ta mère et moi tu veux dire ! Ce n'est pas tes dix heures de cours par semaine et tes cinq mois de vacances annuels qui ont dû t'achever !

-Non mais je te dis, ce stage en marketing dans la boîte de Jean-Luc c'est sympa mais ça va contrarier mes plans. En admettant que je commence dans quinze jours, si je fais deux mois ça va m'emmener à début Août.

Tout en faisant les cent pas dans son bureau, il nous enferma à clef.

-Et quels étaient tes plans ?

-Je voulais faire une surprise à Manon, l'emmener aux Seychelles pour la demander en fiançailles vers la mi-juillet, elle a déjà réservé sa deuxième et troisième semaine du mois.

-Les Seychelles ? Très bon choix ! Ça va coûter combien cette affaire ?

-J'ai vaguement regardé mais on va être autour de dix mille euros, pour avoir un truc correct j'entends.

-D'accord, je suis d'accord pour que vous partiez aux Seychelles, dit-il avec un grand sourire.

-Cool ! Merci, je demande à Maman pour qu'elle me fasse le virement ?

-Ah non ! Ah mais je suis bête, j'ai omis de préciser un tout petit détail, dit-il en riant.

-Je t'écoute.

-Vous allez partir aux Seychelles mais avec ton argent.

-Oui j'ai bien compris mais je demande à Maman pour le virement ?

Papa tapa dans ses mains mollement en ricanant, un ricanement tout sauf naturel.

-Vous partirez aux Seychelles avec l'argent de Gabriel, et Gabriel c'est toi, c'est plus clair ?

-Oui, dis-je en réfléchissant avant de réaliser, mais où je vais le trouver cet argent ?!? Je n'ai pas assez, comment je fais si vous ne me donnez plus rien ?

-Ah ben ça c'est une excellente question ! Tu pourras la poser à tous les jeunes de ton âge qui n'ont pas la chance d'avoir des parents aux revenus confortables !

-Mais Papa, vous ne pouvez pas me faire ça !

-C'est horrible je sais. Mais ces dix mille euros, il va falloir les trouver. Tu fais ce que tu veux, tu cumules trois jobs, tu travailles le dimanche, tu joues au poker ! Tu fais ce que tu veux mais ton voyage ne sera financé qu'avec tes propres deniers ! C'est clair ?!?

-Ouais mais bon c'est un peu dur quand même.

-Et oui c'est dur, c'est très dur la vie.

Après un court silence, il me raccompagna jusqu'à la porte tel un médecin qui venait d'ausculter son patient, il me serra même la main en me disant : « Bon courage bonhomme ».

 

Après vingt minutes de route j'arrivai enfin à la villa...

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