Toi seul

 
 
Editions AdA (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 24. Januar 2018
  • |
  • 436 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-89767-887-6 (ISBN)
 
Fière et courageuse, forcée de fuir la guerre civile, Shannon Conner s'est bâtie une vie pour elle-même dans les montagnes. Mais maintenant qu'elle est devenue la proie des odieux frères Culpepper, elle doit se tourner vers un étranger pour obtenir de l'aide. Rafael 'Whip' Moran est un aventurier qui n'est lié à aucun lieu et à aucune promesse. Intrigué par cette 'veuve' enivrante à la démarche gracieuse et à la poigne solide, Whip est déterminé à défendre l'honneur et la vie de Shannon. Mais dans ce lieu solitaire au coeur des montagnes, aucun péril n'est plus grand que l'intense passion que la jeune femme lui inspire car elle menace de le priver de la liberté qui fait autant partie de lui que son âme.
  • Französisch
  • 0,67 MB
978-2-89767-887-6 (9782897678876)
2897678879 (2897678879)
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Chapitre 2


Après les trois premiers kilomètres de course rapide, Eve fit ralentir Whitefoot et commença à chercher les repères que lui avait décrits Donna Lyon en mourant.

Tout ce qu'elle voyait en direction de l'ouest, c'étaient les contreforts escarpés des Rocheuses. Aucun ravin ou repli de terrain ombrageux ne paraissait plus attrayant ou plus facile à franchir qu'un autre. En fait, si elle n'avait pas su qu'il y avait un col qui traversait les hauts sommets, elle aurait cru qu'il n'en existait aucun. Les pics rocailleux et droits s'élevaient vers le ciel bleu de l'après-midi et ne présentaient ici ou là aucun indice d'un chemin possible à travers les remparts.

Autour, il n'y avait pas de cavaliers, de maisons, de fermes ou de hameaux. Eve n'entendait par-dessus la respiration lourde de Whitefoot que le long soupir du vent descendant des sommets de granit. Des nuages nacrés couronnaient certaines cimes, laissant présager des orages de l'après-midi et du soir qui s'abattaient sur les Rocheuses en été.

Elle avait espéré qu'une bonne averse dissimulerait ses traces, mais elle n'allait pas avoir cette chance. Les nuages étaient loin d'être assez épais pour lui venir en aide.

- Désolée, Whitefoot, nous allons devoir continuer à galoper, dit-elle à voix haute en caressant le cou marron de l'animal.

Elle parcourut encore le paysage des yeux en espérant voir El Oso, l'amas de rochers en forme d'ours qu'avaient décrit Donna et le vieux journal.

Il n'y avait aucun empilement de pierres en vue, aucun élément qui puisse indiquer à Eve quel chemin elle devait prendre pour trouver l'entrée du ravin qui la mènerait à un col à travers la montagne.

Elle se tourna et regarda nerveusement la piste derrière elle. Le terrain accidenté disparaissait dans des teintes de vert jusqu'à ce que l'horizon rejoigne les plaines, enveloppant tout d'un bleu vaporeux et brillant.

Elle se raidit soudain et porta une main à son front contre l'éclat du soleil et examina sa piste.

- Damnation, marmonna-t-elle. Je ne peux pas dire s'il s'agit d'hommes, de cerfs, de chevaux sauvages ou de quelque chose d'autre.

Ce que ses yeux ne pouvaient discerner, son instinct le lui dit. Elle déglutit puis éperonna Whitefoot. Elle aurait voulu le faire courir au grand galop, mais le terrain était trop accidenté. Si elle le poussait davantage, elle se retrouverait à pied avant le coucher du soleil.

La terre volait et les pierres roulaient pendant que Whitefoot avançait au trot sur une piste vague qui courait le long des contreforts. À certains endroits, la piste était assez large pour un chariot. À certains autres, elle ne devenait qu'un sentier menant à des endroits abrités où les gens pouvaient camper à l'abri du vent.

Chaque fois que Whitefoot franchissait une butte, Eve regardait derrière elle, et chaque fois, les hommes qui la suivaient s'étaient rapprochés. Si elle ne faisait rien, ils la rattraperaient avant le soir. Cette pensée la glaçait encore plus que le vent qui soufflait des sommets enneigés.

Finalement, Whitefoot atteignit un ravin avec au fond un étrange empilement de rochers et un petit ruisseau impétueux. Aux yeux d'Eve, le tout ne ressemblait pas particulièrement à un ours, mais Donna l'avait avertie du fait que les Espagnols qui avaient dessiné la carte s'étaient trouvés si longtemps seuls dans la nature sauvage qu'ils avaient imaginé des choses.

Elle poussa Whitefoot autour du monticule qui pouvait ou non être El Oso. Une fois qu'elle eut dépassé les rochers, elle fit tourner son cheval dans le ruisseau, qu'elle le laissa suivre jusqu'à ce que le trajet devienne trop ardu. Ce n'est qu'à ce moment qu'elle laissa le hongre sortir du ruisseau sur le sol rocailleux. Les sabots de Whitefoot laissaient de petites marques et des égratignures sur les cailloux pour marquer son passage, mais c'était mieux que la piste claire qu'il avait laissée sur le sol plus humide.

Zigzaguant, guidant son cheval le long du ruisseau ou dedans, pénétrant de plus en plus dans les montagnes sauvages, Eve chevaucha dans la lumière dorée de l'après-midi. Ses jambes étaient éraflées par la vieille selle, froides à cause de l'exposition au vent. Mais elle n'osait pas s'arrêter assez longtemps pour enfiler les vêtements de Don Lyon.

Aussitôt que la route devint moins escarpée, elle ramena Whitefoot dans le ruisseau. Cette fois, elle le fit marcher à gué pendant plus d'un kilomètre avant de trouver un sol rocailleux qui ne garderait aucune empreinte de sabots.

Elle vérifia le journal et regarda autour d'elle d'un air maussade. Elle était à la limite de la région qu'il couvrait. Bientôt, elle devrait tourner et s'engager vers l'ouest dans une longue vallée sinueuse en suivant les hautes herbes comme une rivière jusqu'à sa source haut dans les sommets, un creux séparant une chaîne de l'autre.

Mais avant qu'elle traverse cette séparation, elle devait semer les hommes qui la suivaient.

Slater se dressa sur ses étriers et regarda le long de la piste qu'il avait laissée. Rien ne bougeait sauf le vent, mais même alors, il ne pouvait se débarrasser de l'impression d'être suivi. C'était un homme habitué à obéir à ses intuitions, mais il était fatigué de sentir quelque chose derrière son dos quand il n'y avait rien d'autre qu'une piste vide qui s'étirait jusqu'à Canyon City.

- Eh bien ? demanda-t-il impatiemment quand son meilleur éclaireur comanchero le rejoignit.

Crooked Bear tendit sa main pliée en forme de tasse puis la ramena contre son épaule droite pour indiquer la rivière.

- Encore ? demanda Slater d'un air dégoûté. Son foutu cheval doit être à moitié poisson.

Crooked Bear secoua les épaules, fit un signe signifiant « loup » puis un autre signifiant « petit ».

Slater grogna. Il avait déjà eu un aperçu de l'intelligence de la fille à la table de cartes. Il n'avait pas besoin d'une autre preuve lui indiquant qu'elle était aussi rapide et vigilante qu'un coyote.

- As-tu vu sa robe rouge ? demanda Slater.

Crooked Bear fit un signe négatif.

Slater regarda les nuages.

- La pluie ?

Le Comanchero haussa les épaules.

- Crooked Bear, marmonna Slater, un jour, tu vas me mettre en colère. Retourne examiner le sol et trouve-la. Tu m'entends ?

Le métis sourit, affichant deux dents en or, deux trous et une dent brisée qui ne lui faisait pas suffisamment mal pour qu'il la fasse arracher.

Frissonnant de froid et de peur, Eve regarda le Comanchero parcourir une dernière fois les rives du ruisseau en recherchant ses traces. Quand il descendit de cheval, elle retint son souffle et détourna le regard pour éviter d'une manière ou d'une autre d'attirer son attention sur elle en le fixant.

Après quelques minutes, la tentation de regarder ce qui se passait devint trop grande. Elle jeta un coup d'oil prudent à travers la verdure et les rochers qui parsemaient la longue pente entre elle et le ruisseau. Le cri du vent et le roulement du tonnerre provenant d'un sommet lointain masquaient tous les sons que faisaient les hommes en contrebas.

Slater, Crooked Bear et cinq autres hommes examinaient la rive du ruisseau. Eve sourit légèrement parce qu'elle savait qu'elle allait gagner. Si Crooked Bear ne pouvait trouver sa piste, personne ne le pourrait. Le Comanchero était presque aussi célèbre dans la région pour ses talents de pisteur qu'il l'était pour sa réputation sauvage avec un couteau.

Il fallut à Slater et à ses hommes une heure pour abandonner. À ce moment, il faisait presque noir, une pluie légère tombait, et ils avaient complètement piétiné tous les signes que Whitefoot aurait pu laisser en sortant du lit du ruisseau.

Eve retint son souffle autant qu'elle le pouvait pendant qu'elle regardait la bande de Slater se remettre à cheval et disparaître de sa vue le long du ruisseau. Puis elle remonta la pente et alla rejoindre Whitefoot, qui attendait patiemment, la tête basse, plus endormi qu'éveillé.

- Pauvre garçon, murmura-t-elle. Je sais que tes pattes sont douloureuses après avoir marché dans ces pierres, mais si tu avais été ferré, Crooked Bear nous aurait sûrement trouvés.

Malgré son impatience à traverser la ligne de partage des eaux jusqu'aux monts San Juan et à descendre dans le labyrinthe rocheux qu'avaient décrit les Espagnols, Eve savait qu'elle devait camper après quelques kilomètres. Il fallait que Whitefoot se repose, sinon il ne serait pas en mesure de lui faire traverser la ligne de partage des eaux.

Après avoir traversé cette ligne, quelque part entre le sommet et les canyons que décrivait le journal, elle devait trouver un moyen de faire mettre des fers à Whitefoot, d'acheter un cheval de bât et de rassembler les provisions dont elle aurait besoin pour la randonnée.

Mais il y avait une chose qu'elle devait impérativement acheter : un homme de confiance. Il lui fallait trouver quelqu'un qui surveillerait ses arrières pendant qu'elle chercherait la mine perdue de Cristobal Lyon, l'ancêtre de Don Lyon, descendant de la royauté espagnole et détenteur d'une permission royale de chercher de l'or dans les terres du Nouveau Monde de la Couronne espagnole.

...

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