petites histoires à faire frémir

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 25. Januar 2018
  • |
  • 228 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-14969-8 (ISBN)
 
Deux histoires sont contées dans ce livre.
L'étrange destin des soeurs Michon. Les jumelles mènent une vie tranquille. L'arrivée inopinée d'un étranger va les entraîner dans une aventure rocambolesque qui bouleversera définitivement leur existence.
L'affaire Georges Navet. La vie s'est arrêtée au dix-neuvième siècle chez les Navet. Georges n'est ni désiré ni accepté par son père. Il devient un être asocial relégué dans sa ferme isolée. La découverte d'un squelette dans sa propriété fera de lui un coupable idéal.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,30 MB
978-2-322-14969-8 (9782322149698)
2322149691 (2322149691)
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Mona Lassus est née à Bordeaux. Son enfance a été marquée par la culture du Sud-Ouest, riche d'histoire, de gastronomie et de bien-vivre. Inspirée par la douceur des paysages de sa région, elle a commencé, très jeune, à écrire des poèmes. Plus tard, la vie quotidienne des gens simples, les coutumes régionales, les anecdotes drôles, croustillantes ou dramatiques entendues autour de la table familiale ou sur la place des villages, lui ont servi de fil conducteur pour écrire des nouvelles, des contes et un premier roman "La vie des gens".

L'enlèvement


Ce vingt et un décembre 1955 était un dimanche.

Anniversaire ou pas, après le repas, les jumelles s'étaient rendues au cimetière. Elles s'étaient affairées sans dire un mot, attentives à ne laisser, sur la tombe, la moindre brindille qui pourrait gâcher le bon ordre des lieux ou amener à penser qu'elles avaient négligé leur devoir envers leurs parents. Sur le coup des seize heures, un petit crachin frisquet s'était mis à tomber. Le ciel, noirci par de gros nuages bas, avait amené la nuit trop tôt. Transies, elles se pressèrent de rentrer au bercail avec l'intention de se réfugier au coin du feu avec un bon bol de café bien chaud qui allait les revigorer. Elles firent le trajet de retour en devisant, sans rien remarquer d'inhabituel qui aurait pu les inquiéter, et c'est en toute quiétude qu'elles s'apprêtaient à rentrer chez elles.

Elles ne firent pas attention à cette voiture arrêtée devant le feu tricolore. Pendant que Clotilde, comme à son habitude, musardait le nez au vent, Mathilde ouvrit la porte mais, au moment où elle allait apostropher sa sour pour qu'elle se dépêche à entrer, elle sentit deux bras l'entourer et la retenir fermement.

« Arrête, Clotilde ! S'exclama-t-elle. Ce n'est pas le moment de faire ta folle !

- Du calme ! Lui répondit une voix masculine qu'elle ne reconnut pas. Allez, ma p'tite dame, pas d'histoire, entrez ! Là, doucement. Et vous, qu'est-ce que vous attendez ? Allez, ouste ! Tout le monde à l'intérieur ! »

Clotilde, ne comprenant pas ce qui se passait, entra à son tour et ferma la porte. L'homme relâcha Mathilde et, les menaçant en pointant la poche de sa veste dans laquelle il semblait cacher une arme, il ordonna aux jumelles de s'asseoir, de ne pas dire un mot, de ne pas faire un geste. Il fit le tour de la maison pour s'assurer que personne d'autre n'occupait les lieux, revint dans la cuisine et s'assit à table en demandant à Clotilde de lui servir du café qui était resté au chaud dans la cafetière posée contre l'âtre où brûlaient encore des braises. Sans dire un mot, l'homme avala le contenu du verre qui lui avait été servi, s'essuya la bouche d'un revers de manche. Croisant les bras sur la table, le menton appuyé sur ses avant-bras, il observa les deux sours pendant un long moment. Mathilde et Clotilde le regardaient elles aussi, s'interrogeaient du regard sans oser faire le moindre mouvement. Rompant le silence, l'homme releva la tête et demanda à brûle pourpoint :

« Vous êtes sours ?

- Nous sommes jumelles. Répondit Mathilde.

L'homme hocha la tête et reprit son observation. Il semblait perdu dans ses réflexions. Les jumelles ne savaient quelle attitude adopter, tremblantes autant de peur que de colère devant le culot de cet individu dont elles ne comprenaient pas les intentions.

« Il va nous tuer ? » Se demandait Mathilde.

Assises en face de lui, elles ne voyaient pas d'issue à cette situation inattendue. Jamais, de leur vie, elles n'avaient été confrontées à une telle angoisse. Impossible d'échapper à la menace de l'arme toujours pointée dans leur direction. L'une aurait pu, à la rigueur, tenter de courir vers la porte, mais l'homme l'aurait abattue froidement, ou tué celle qui serait restée assise. Elles se regardèrent et comprirent les pensées de chacune. Elles ne bougèrent pas.

L'homme semblait avoir deviné leur raisonnement.

« N'y pensez pas ! S'écria-t-il. La première qui bouge verra sa sour morte par sa faute ! »

D'un mouvement du menton, il leur fit signe de se lever.

« Mettez des frusques dans une valise, leur ordonna-t-il. Je vous emmène en promenade

- Mais ? S'étonna Mathilde.

- Pas de mais. Exécution ! Hurla l'homme. Allez, et qu'ça saute ! »

Clotilde réagit la première. Prenant sa sour par la main, elle l'entraîna dans la chambre et en claqua la porte. Un doigt sur la bouche, elle fit signe à Mathilde d'ouvrir la fenêtre. Avant qu'elle n'ait pu saisir la crémone, l'homme, d'un coup d'épaule, avait ouvert la porte. Bousculant Clotilde, il se précipita dans la pièce, empoigna Mathilde et l'envoya valdinguer sur le lit où il la bloqua, une jambe sur le ventre.

« Toi, si tu bouges, dit-il à Clotilde je tue ta sour. Compris ?»

Relâchant son emprise, il libéra Mathilde, se campa au milieu de la pièce, jambes écartées, une main dans sa poche, pointant son arme sur les deux sours. Mathilde tremblait de tous ses membres, paralysée. Pour gagner du temps, Clotilde prétexta qu'elles ne pouvaient pas le suivre habillées comme elles étaient, en tous les jours, qu'il fallait qu'elles se changent. Elle pria l'homme de se retourner ; lorsqu'il eut fait un demi-tour sur lui-même, bloquant la porte, elle comprit qu'elles n'avaient pas d'autre choix, pour l'instant, que de lui obéir. Elle aida sa sour à se déshabiller, lui fit enfiler une robe et un manteau et se vêtit à son tour. Lorsqu'elles furent prêtes, l'homme les observa, fit une grimace suivie d'un fou-rire.

« Bon Dieu de bois ! S'exclama-t-il. Ha ! Vous m'en faites, deux élégantes ! Non mais, regardez-moi ça ! Je suis tombé sur deux vamps, ça, c'est sûr ! En tout cas, si je ne vous tue pas, je vous violerai pas ! Vous êtes moches, mal attifées, j'ai jamais rien vu de pareil ! On peut pas dire que vous suivez la dernière mode ! De quand ça date, vos robes ? Au moins, je suis sûr que personne ne vous regrettera. Allez, en route !

« Heu. Hasarda Clotilde.

- Quoi encore ? Fit l'homme.

- Nous avons des bêtes. Nous ne pouvons pas les laisser. Il faudrait que quelqu'un s'en occupe.

- Et alors ? Qu'est-ce que ça peut bien me foutre, à moi, vos bestioles ?

- Alors, vous n'avez qu'à nous tuer tout de suite, et nos bêtes avec ! Se rebiffa Clotilde.

- Bon, bon, d'accord. Qui vient d'habitude, quand vous partez ?

- Jamais nous ne sommes parties, répondit Clotilde. Je ne sais pas. Je pourrais aller demander au père Antoine, qui habite un peu plus loin.

- C'est ça ! Répliqua l'homme. Et tu pourrais aussi aller demander aux gendarmes, hein ? Tu me prends pour un con ? Pas question. Allez, ouste, on y va !

- Attendez ! Insista Clotilde. Il y a bien le Michel, le facteur. Il a travaillé pour notre père, autrefois. Il connaît les habitudes de la maison. Je pourrais lui laisser un mot sur la porte.

- Bonne idée ! Approuva l'homme Comme ça, personne ne pensera à vous rechercher avant que j'aie décidé quoi faire de vous deux ! »

Clotilde déchira une feuille du cahier de compte où elle consignait, après chaque dépense, la date, la nature de l'achat et la somme dépensée. Avec un crayon, elle s'appliqua à tracer ces quelques lignes :

« Michel. Mathilde et moi, nous allons partir pour quelques jours. Voudrais-tu t'occuper de nos bêtes ? Je te laisse la clef sous la grosse pierre près du puits. Merci. Clotilde ».

L'homme relut le mot pour s'assurer qu'aucun appel au secours n'y avait été consigné et remit le papier à Clotilde.

Bien entendu, le facteur fit lire ce mot à tous les clients du bistrot et la nouvelle fit le tour du village. On se demanda comment, où et pourquoi les jumelles étaient parties. On fit des suppositions, on ne trouva aucune explication. Mais, après tout, elles étaient assez grandes pour faire ce qu'elles voulaient. On ne s'inquiéta donc pas, le temps passa et même si, de temps en temps, quelqu'un ou quelqu'une soulevait une interrogation à leur sujet, on avait presque fini par les oublier.

Pendant ce temps, Mathilde avait jeté à la hâte quelques vêtements de rechange dans la vieille valise en carton mâché que son père avait rangée sur le haut de l'armoire et qui n'avait plus servi depuis son retour de la guerre. Ne sachant...

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