Femme Femme Femme

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 10. Februar 2020
  • |
  • 112 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-26293-9 (ISBN)
 
Ceci n'est ni un essai philosophique ni un traité sur l'évolution de la femme à travers les siècles, truffé de références littéraires ou culturelles.

Ceci est un chant intime, sensible, nourri de ma tardive prise de conscience de ce qu'est une femme, de ce qui la crée et la constitue. Ceci est une célébration, un hommage à la Femme.

QU'EST-CE QU'UNE VRAIE FEMME ? Voilà la question de ce livre... Un ensemble de petites choses de la vie du corps, du coeur et de l'esprit qui font le grand Tout, le grand univers féminin, si complexe et passionnant à découvrir, pour la femme et pour l'homme, et qui s'articule autour de trois mots essentiels : désir, création, liberté.

"Femme femme femme" est un témoignage et une ouverture sur ce vaste monde, beau, infini, qui est en soi, une découverte de l'essence de l'être féminin, une exploration intime nécessaire qui vise l'universel, pour vivre, être heureuse et aller vers l'Autre plus sereinement. S'ouvrir à son monde féminin permet de s'ouvrir au monde.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,19 MB
978-2-322-26293-9 (9782322262939)
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Professeur de français née à Bayeux, Karine Langlois a déjà publié "Les Vies silencieuses" (Editions du Chameau, 2015), "Raphaël" (Rémanence, 2017), "Dans la peau" (Librinova, 2018) et"Pas sur la bouche" (Rémanence, 2019). Les thématiques de l'amour et de l'absence, mais aussi de la sensualité et de la métamorphose du corps sont au coeur de ses livres.

Chapitre 2 : L'essence de la femme ce
sont les sens


Je ne suis devenue femme que lorsque j'ai pris conscience de mon corps, de l'importance de s'y sentir bien, que lorsque j'ai perçu sa séduction sur le premier homme que j'ai aimé, lorsque j'ai entendu, et réussi à intégrer ses éloges et sa manière de l'élever au rang de création artistique, et aussi de source de plaisir et de bonheur. L'échange amoureux passe par le corps, le langage du corps permet à une femme de dire qu'elle est femme.

Je n'ai longtemps voulu être qu'une tête qui pense, réfléchit, et un cour qui aime ; j'étais un être sensible, pur, un être humain, mais pas une femme. Je ne me suis sentie femme que lorsque les autres parties de mon corps ont existé, ont pris vie. La vie du corps est aussi essentielle que la vie de l'âme, elles se répondent, elles doivent s'entendre. Moi et mon corps, on ne s'entendait pas bien, et j'allais mal. Je m'effaçais, j'effaçais mon corps. Maintenant que j'aime mon corps, que j'accepte qu'il ait une existence, j'existe à part entière, je ne m'efface plus, je suis présente dans la vie.

Une femme s'incarne, dans chaque parcelle de son corps. J'ai été en exil de mon corps pendant les années d'adolescence, longtemps après encore, jusqu'à l'amour vrai qui permet au corps un retour au pays natal et de rejoindre la source de sa féminité.

Mon corps a pris sens, mon corps a pris cinq sens.

Pas besoin du fameux sixième, l'instinct est dans tous les autres, pleinement éveillés et épanouis, quand le corps suit le désir de vie qui va lui donner ses lignes. Ses lignes de vie, ses courbes. Pas seulement une avalanche de sensations sur le mont, le massif central. Non. Un rayonnement, venu sûrement en premier du cour, cet excentré qui est le vrai centre du corps, la diffusion d'un philtre qui coule, qui se répand plus vite que le sang et va courir, galoper dans toutes les veines, dans tous les pores, avec une force si féconde que la vie des sens commence son bouillonnement à l'intérieur, invisible, souterrain, dissimulé, inquiétant presque, va au fur et à mesure faire ses bourgeons en surface, à la surface de la peau, pour éclater en bouquet radieux, dans un sourire, un regard, le geste d'une main.

Et chez une femme, le printemps tardif est plus beau que le printemps précoce.

Une femme qui a longtemps attendu l'éclosion en elle connaît un mûrissement d'autant plus beau. Elle porte une vision adulte sur ce qu'elle n'espérait plus devenir et en mesure la chance, les possibilités, mieux que celle qui a pu en jouir tout de suite sans l'imaginer ou le rêver. Elle peut espérer être mieux que celle qu'elle a rêvée. Connaître l'intensité d'une absence permet de mieux apprécier l'intensité d'une présence. Ne pas avoir et mieux posséder ensuite.

Posséder ses cinq sens, en état de marche, pas en état de veille, c'est ça être femme.

Posséder le goût. Jouer et jouir de sa langue humide sur ses lèvres, en déposer le goût à l'ouverture de celles de son homme, comme la clé d'un palais gorgé de sucre, la promesse, le sésame d'une caverne de délices et de pâtisseries à la rose. Picorer, lécher, laper, absorber, avaler, dévorer la vie, la laisser se déposer, entrer et couler en soi par la saveur juteuse d'un fruit, la fraîcheur apaisante d'une eau, la délicieuse brûlure d'une soupe, la douce mouillure d'un baiser, la langue audacieuse d'un amant.

Posséder l'odorat. Respirer sa liberté, humer l'air du temps et fermer la fenêtre, être dans l'instant, fuir les agressions olfactives, le vulgaire, réduire son monde aux parfums délicats, naturels et fleuris, à celui des gens qu'on aime, cultiver sa peau, son jardin parfumé, son humus, pour que l'amant y trouve sa terre des origines, l'air qu'il respire, son eau et son feu. Aimer son bouquet d'odeurs de femme, de sa chevelure à sa toison, avec toutes les nuances indescriptibles qu'un homme amoureux saura vous dire et dont il saura vous rendre fier, comme si vous étiez un nez unique, une créatrice de parfums d'exception. Être une femme fleur.

Posséder l'ouïe. Entendre le pas de la vie dans ses tempes, le temps du monde qui suit les battements de son cour qui vit, qui s'accélère, résonne aux rythmes de la nature et à l'unisson d'un cour qui bat sur le sien. Ne plus guetter ce silence de mort qui accompagne le deuil, le départ, l'absence, le chagrin sans nom, sans son, car pouvoir entendre le bruit et la fureur de ses propres mots qui envahissent l'espace, le vacarme de ses larmes, c'est encore appeler, c'est encore demander du secours, de la vie, une présence. Souffrir en se taisant, c'est ne plus pouvoir vivre, c'est s'effacer, essayer de n'être plus rien ; la voix, la parole, c'est l'être humain, l'être humain debout. Comment entendre le monde si l'on ne veut plus s'entendre soi-même ? La femme épanouie s'ouvre aux accents de sa propre voix, à ses charmes, à ses inflexions, joueuses, cajoleuses, érotiques, à son propre rire. Ah ! Le bruit de mon rire ! La femme véritable rit, et plus elle rit plus elle en a envie car elle jouit à l'écoute de son rire, spontané, expression de sa liberté. Chaque éclat de rire est une victoire pour moi. Je me rends compte à quel point rire m'a manqué pendant toutes mes années de souffrance. Cette éruption montée du cratère de mon ventre, ce séisme qui fissure le silence, ces tremblements physiques qui rassemblent les morceaux d'âme, ces tressautements qui font exploser la mort, ces doux bégaiements de vie, ce long flot d'insultes expulsées en hoquets, d'insultes au destin, aux attaques polies du temps qui donne et reprend les êtres, qui distribue injustement les cartes. Garder dans la manche sa carte maîtresse : son rire roi, cette nouvelle respiration, qui fait la femme reine, qui envoie tout valser, qui pulvérise le solennel, le grave, le sérieux. Des éclats de rire par milliers pour s'entendre vivre, bloc d'humour contre le puzzle du temps qui veut tout nous prendre, voix enchanteresse pour dire au temps : donne-moi mon comptant de rires, j'ai un avoir important, on solde les comptes. Je crois que ma voix a charmé le temps : il m'a écouté.

J'ai longtemps réclamé le silence : c'était ma manière de réclamer la paix, celle de la mort. Avec le bonheur qui entre à plus de quarante ans dans ma vie, je réclame le bruit, celui que je découvre fait pour moi, pour mon monde, celui qui se glisse dans ma vie dans des souliers de satin, pas le bruit des guerres familiales que j'ai subies trop longtemps sans pouvoir les fuir, avec ses cris, ses querelles, la folie des hommes, des femmes, des enfants, pas le bruit des casseroles assourdissantes que traînent aux pieds la violence et la bêtise, qui les annoncent, les précèdent et les suivent ; résonnent malheureusement longtemps, longtemps, leurs échos, et se dessinent leurs contours, comme des fantômes du passé, qui parlent dans les cauchemars, agitent leurs chaînes et ralentissent la marche, boulets invisibles aux pieds. Je réclame des bruits délicats, la musique douce de la nature, des chants d'oiseaux sans les bourdonnements du passé, sans les éclats d'obus maternels qui pètent dans ma tête de vétérante du malheur ; je réclame l'écoulement tranquille de l'eau sur les cicatrices de ma peau, son chuintement paisible, son doux sifflement contre ses reflets, je réclame le souffle de l'invisible dans mes arbres, je réclame les appels de la forêt, de la mer, de la faune et de la flore, je veux tendre l'oreille aux murmures de la feuille, aux chuchotements du sable, accueillir le léger claquement consciencieux de la langue tendre de mon chien sur mon bras, le crépitement des petits baisers précipités de mon homme sur mon corps, la mélodie aux notes légères de ses mains qui effleurent ou massent mon dos, sa respiration, des mots-caresses au creux de moi, je veux m'entendre chanter et dire l'amour et la liberté à celui que j'aime, m'ouvrir à la parole de quelqu'un qui me fait du bien, n'entendre que le chant du monde et fermer l'oreille à son cri.

Posséder la vue. Une vision juste, vraie de soi, se voir, accepter de se voir, ne pas refuser de dire ce que son corps a de beau par une modestie qui voisine le complexe, accepter sans souffrance d'avoir des défauts. Ce ne sont pas les femmes aux formes « parfaites » qui séduiront le plus les hommes ; ce sont celles qui ont l'assurance sans vanité de leurs atouts et un...

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