Page blanche pour roman noir

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 25. November 2019
  • |
  • 312 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-22512-5 (ISBN)
 
Alors que le succès tombe sur le nez de Victor sans qu'il s'y attende avec son premier roman qui vient d'être publié par un véritable éditeur, il ne sait pas encore qu'il va être plongé dans un monde impitoyable.
Alors que son éditeur lui fait une considérable avance sur son prochain roman, il va être confronté au syndrome de la page blanche. Jusqu'au jour où au cours d'une séance de dédicace, il décèle dans une de ses fans le grand Amour.
Alors qu'il l'a installée chez lui, au bout de quelque temps, il la demande en mariage. Là, elle lui avoue qu'elle est déjà mariée et son mari risque de la tuer si elle lui propose le divorce. C'est la raison pour laquelle elle s'est enfuie de chez elle.
Une seule solution pour Victor, éliminer le mari...
Et si, pour retrouver l'inspiration, il devait se mettre dans la peau d'un assassin ? Ou peut-être devenir assassin lui-même ?...
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,37 MB
978-2-322-22512-5 (9782322225125)
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Né en 1953 dans la Meuse, Patrick LAGNEAU est retraité de l'enseignement agricole où il a été professeur d'éducation socioculturelle pendant trente-trois ans.
Il a placé, tout au long de sa carrière, son énergie créatrice dans le théâtre, la comédie musicale, l'écriture de scénarios et la réalisation de films vidéo avec lesquels il a conduit ses élèves et étudiants à de nombreux prix nationaux.
Aujourd'hui vice-président et webmaster d'une association d'auteurs meusiens (PLUME, acronyme de Passion Littéraire de l'Union Meusienne des Ecrivains et illustrateurs), il se consacre à l'écriture de romans dans des genres éclectiques, pour le plaisir de raconter des histoires au gré de son imagination.

1


1993

C'était un lycée parisien comme un autre. Pas mieux, pas pire. Avec ses sonneries aux intercours. Avec ses grappes d'élèves d'où s'échappent des nuages de fumée pendant les pauses. Avec ses blagues de potaches. Sauf que l'heure n'était pas à la rigolade. Tout le monde avait en tête les terribles images médiatiques de la veille sur le génocide de Srebrenica en Yougoslavie et sur les corps de soldats américains mutilés, traînés dans les rues de Mogadiscio. Les conversations ne tournaient qu'autour de cette actualité brûlante. Certains estimaient que le monde était en pleine mutation depuis la guerre du Golfe et que ce n'était qu'un début.

Juste un lycée comme les autres. Avec ses profs plus ou moins empathiques. Avec ses cours plus ou moins attractifs, mais aussi son atelier théâtre, ses groupes de musiciens, son ciné-club. Et puis aussi ses couples ici et là, main dans la main, échangeant de longs baisers. Parfois des mots tendres. Ou des regards maladroits pleins de promesses et d'espoir.

Alors que, dans son groupe, les discussions tournaient sur la nécessité d'une intervention de l'Europe dans le conflit en ex-Yougoslavie, Victor, un lycéen de dix-neuf ans en section littéraire, repéra Karen, à une dizaine de mètres, qui le fixait avec intensité. Tous connaissaient Karen avec sa mini-jupe, ses bottes et son boléro blancs. C'était une fille de l'âge de Victor, en terminale scientifique, dont il avait déjà croisé le regard. Bien que troublé, il avait choisi de ne pas l'aborder, car il la savait en couple avec Lorenzo Ferrer, un garçon de terminale technique dont il avait appris le nom uniquement parce qu'il était avec elle.

Là, il fut interpellé par son insistance. Elle dut percevoir son trouble à distance, car elle lui décocha un sourire qui l'ébranla au plus profond de son être.

Sonnerie de fin de pause.

Elle détourna la tête, puis s'éloigna avec ses amies. Un dernier coup d'oil décoché et elle disparut dans le bâtiment où les cours allaient reprendre.

*

Un groupe de filles entra dans la grande salle de permanence où avait lieu la séance de ciné-club du premier mercredi du mois, et se faufila dans le rang de chaises à coque en plastique où Victor était assis avec ses camarades. Karen vint s'asseoir à sa gauche, juste à côté de lui. Ils se regardèrent un court instant puis, pour se donner une contenance, se focalisèrent sur l'écran blanc. Se pouvait-il que ce fût une coïncidence ? Sans doute à cet instant leurs cours battaient-ils à l'unisson. Comme une délivrance, les lumières s'éteignirent et le film commença. Le générique annonça Le cercle des poètes disparus réalisé par Peter Weir avec Robin Williams, et sorti en salles depuis trois ans. Les prémisses de l'amour ont cette vertu de pouvoir permettre à ceux qui sont sous son emprise de regarder des images sans les voir. D'entendre des dialogues sans les écouter. Un affolement similaire s'installait dans l'esprit de Karen et de Victor. Aucun des deux ne bougeait. Peut-être dans l'attente secrète que l'autre fasse le premier pas. Karen osa. Comme si le geste était naturel, elle laissa glisser son bras ballant entre leurs chaises. Évidemment, le mouvement n'échappa pas à Victor. Était-ce un signal ? Une incitation ? N'allait-il pas se planter ? En apnée, Victor fit de même avec le sien. Leurs battements de cour s'accélérèrent. Aller plus loin ? Maintenant ? Pas encore ! Ne pas la froisser ! Peut-être était-ce à lui d'agir maintenant. N'avait-elle pas pris les devants ? Et s'il se méprenait ? Une douce torture s'installait. Le dos de sa main frôla le dos de la sienne. Comme s'ils n'attendaient que cela, leurs doigts partirent à l'aventure, se rencontrèrent, s'effleurèrent, s'éloignèrent, revinrent à la charge, puis se croisèrent. La pression qu'ils impulsèrent ensemble ne laissait planer aucun doute sur leurs intentions. Victor se libéra de la main de Karen et passa le bras sur ses épaules. Elle se laissa glisser contre lui et posa sa tête sur son épaule. À ce moment précis, pour Victor plus rien n'existait. Plus d'images, plus d'écran, plus d'élèves, plus de lycée. Il était sur un nuage avec la plus belle fille du lycée contre lui. Devait-il poursuivre son avantage maintenant ? Il n'eut pas le temps de se poser la question plus longtemps. Karen releva son visage vers lui. Dans le clair-obscur mouvant de la projection cinématographique, il vit briller ses yeux. Il y décela le même trouble que le sien. La même émotion. Alors, il avança ses lèvres à la rencontre des siennes. Leur contact les foudroya.

*

C'était un mercredi de décembre où la température flirtait déjà avec le zéro. Victor et Karen marchaient main dans la main dans les rues de Paris. Juste une balade en amoureux. De temps en temps, Karen s'arrêtait devant une vitrine pour admirer une paire de chaussures par ci, une robe de soirée par là... En temps normal, Victor n'y aurait trouvé aucun intérêt, mais pour elle, il était prêt à accepter n'importe quoi. Soudain, Karen blêmit.

-Ça va, s'inquiéta Victor ?

Elle ne répondit pas, se retourna et regarda de l'autre côté de l'avenue. Victor l'imita. Il comprit ce qui se passait. Lorenzo Ferrer les observait sur le trottoir d'en face, les mains dans les poches.

-Tu m'as bien dit que c'était fini tous les deux ?

-Oui, c'est fini. Je le lui ai fait comprendre. Mais je crois qu'il a du mal à accepter. Allez, viens ! Il finira par m'oublier, va.

*

Le week-end suivant, Victor et Karen discutaient avec un groupe d'amis dans l'incontournable café à proximité du lycée et fréquenté presque exclusivement par des élèves et même parfois des profs. La conversation tournait autour des vacances de Noël qui approchaient à grands pas. À un moment, Karen se leva pour aller aux toilettes. Quand elle en ressortit, Victor vit Lorenzo Ferrer l'aborder. Ce n'était pas une coïncidence. Victor pensa qu'il devait être assis à une table du fond à l'attendre. Il se leva. Karen lui fit signe de ne pas intervenir. Il se rassit sans les quitter des yeux. Leur échange dura quelques minutes, puis Karen revint prendre son sac et son manteau.

-Ne bouge pas, Victor ! Je vais régler une fois pour toutes le problème avec lui.

-Et vous allez où ?

-Il voulait qu'on discute à sa table. Je ne veux pas que cela s'éternise. Je vais lui mettre les points sur les I dehors. Le froid freinera ses ardeurs. Je n'en ai pas pour longtemps.

-S'il te fait des embrouilles, tu m'appelles, hein ?

-Il n'y aura pas d'embrouilles, ne t'inquiète pas !

Karen quitta le café en compagnie de Lorenzo par une porte qui donnait sur une cour intérieure. Bien que Victor soit sûr des sentiments de Karen à son égard, il ne put s'empêcher de ressentir une pointe de jalousie. Il suivit distraitement les discussions à sa table, avec un oil en permanence sur la porte par laquelle ils étaient sortis. Au bout de dix minutes, ils n'étaient toujours pas rentrés. L'attente était interminable. Victor décida d'aller voir ce qui se passait. Il se trouvait à trois mètres de la porte quand elle s'ouvrit. Lorenzo apparut en premier, traversa le café d'un pas rapide et nerveux, sans un mot ni même un regard à Victor lorsqu'il passa près de lui. Son visage était blême. Karen prit Victor par le bras.

-Viens, allons-nous asseoir ! C'est fini. Cette fois il a compris.

-Que lui as-tu dit ?

Elle lui sourit et secoua la tête.

-Laisse tomber. Il ne nous ennuiera plus maintenant.

*

Karen ne pensait pas si bien dire. Le lundi qui débutait la dernière semaine de cours avant les vacances, la nouvelle se répandit dans le lycée comme une traînée de poudre. Lorenzo s'était pendu chez lui pendant le week-end, dans un hangar de la petite entreprise de déménagement...

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