Un matin glacial

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 11. Mai 2020
  • |
  • 280 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-24494-2 (ISBN)
 
Lorsque la police a été prise pour cible, le délit devient une affaire commune. Le capitaine Dupuis de la brigade criminelle oeuvre avec le capitaine Gillet de la brigade des stups pour traquer celui (ou celle) qui a jeté son dévolu sur un des leurs. Avec l'aide du détective Gilbert Grand, la chasse est ouverte.

Après La mort s'invite au Vatican, Le haras maudit, Mortel courroux, Trois dossiers pour deux crimes, Lettres fatales et La mort dans l'âme, Un matin glacial est le septième roman policier de l'auteur.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,50 MB
978-2-322-24494-2 (9782322244942)
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Lady Martine Daigre est née le 19 juillet 1959 à Saint Tropez (France).
Après la série des policiers " Dorman-Duharec ", voici la nouvelle série de roman noir " le détective Grand et le capitaine Dupuis " avec UN MATIN GLACIAL, LE HARAS MAUDIT et LA MORT S INVITE AU VATICAN, humour et frissons garantis.
Le roman Awena, premier récit de l'auteure à tendance historique se déroulant dans le Grand Est, une histoire au Moyen Age est paru.
Son troisième album jeunesse vient de paraître, texte et dessins de l'auteure: Coccinella fête Halloween, bientôt Coccinella aide le Père Noël.
Ses pensées poétiques et poèmes, quant à eux, sont publiés dans la revue Dezopilant de Reims, 2000 regards en Bourgogne, Short Editions, Arts et lettres en Belgique, ASAC de Lyon, visibles sur leurs sites respectifs.
Suivez son actualité sur www.ladydaigre.jimdo.com et sur les réseaux sociaux tels facebook, twitter, etc.

4


Trois jours la boule au ventre à surveiller.

Trois jours durant lesquels Émilie Richier avait bossé en étant confrontée à ses humeurs changeantes, ballottée dans la dichotomie des sentiments. Tour à tour, elle avait enragé, puis elle s'était morfondue jusqu'à déprimer grave à l'idée que l'élu de son cour avait disparu à jamais. Elle avait eu beau passer et repasser devant l'immeuble à l'affût d'un signe révélant sa présence, scruter les balcons et les fenêtres au cours des soixante-douze heures qui venaient de s'écouler, le constat avait été cinglant : les gens s'étaient terrés chez eux à cause de la température extérieure.

Ne pas s'attarder au pied de l'immeuble.

Ne pas être démasqué par la rivale.

Trois jours pluvieux et venteux.

Le désespoir chevillé à l'âme, elle avait opté pour la solution initiale : le parc, et, aujourd'hui, bingo ! Il avait été aisé de la repérer : la même doudoune marron à capuche bordée de fausse fourrure - elle l'avait déduit en constatant les paquets de poils collés entre eux qui signalaient un lavage fréquent en machine à quarante degrés -, qui lui arrivait à mi-cuisse, le même cheche à pois ivoire sur un fond taupe, le même bonnet de laine gris foncé qui avait pris la forme d'un casque à cause de l'abondante tignasse dont quelques mèches encadrées le visage à la peau foncée, un jean sans prétention et des bottes.

Évaluation du terrain.

Des hommes et des femmes affleurant le troisième âge se promenaient dans une ignorance totale. Juste un bref signe du port de tête lorsqu'ils se croisaient ; un signe par politesse envers leurs semblables emmitouflés comme eux. C'était pathétique à les regarder faire. Puis, il y avait les autres, surtout des femmes, entre trente et cinquante ans qui marchaient de long en large, groupées ou non ; et quelques hommes égarés en ce lieu quasiment féminin ; en revanche, tous avaient un but commun : que les mioches se fatiguent un maximum avant le goûter qui serait pris à la maison.

Émilie Richier souriait intérieurement. Elle retint Micha qui souhaitait courir avec les congénères en liberté - les maîtres avaient bravé l'interdiction du panneau municipal relatif aux déjections canines. Elle raccourcit la laisse rétractable. La chienne couina de mécontentement. Cachée derrière le bosquet qui délimitait l'aire de jeux avec la route, elle observa ce monde en mouvement tout en se réjouissant d'avoir choisi une tenue vestimentaire en adéquation avec son projet. Sous son manteau noir en laine dont elle se séparait rarement l'hiver, elle portait un trench en coton couleur caramel, un pull en cachemire à col roulé beige clair, un jean fuselé bleu clair et des bottines noires. À force de demeurer sur place, elle piétina la pelouse, c'est-à-dire le peu d'herbe qui avait survécu à l'été.

Soudain, la jeune femme, lasse de lui tenir la main, l'abandonna et rejoignit d'un pas nonchalant le groupe qu'Émilie avait remarqué lors de ses repérages. À côté des autres femmes corpulentes, elle paraissait menue. Il émanait d'elle une fragilité qui énerva la voyeuse.

Jugement et sentence.

Tu vois, Micha, ce n'est pas ce qui lui correspond.

Émilie Richier haussa les épaules, regarda ces humains encore un moment avec un air dédaigneux, puis estima qu'il était temps d'agir. Elle souleva d'un bloc le spitz nain, le coinça contre sa taille avec son bras droit et rebroussa chemin vers le parking de la grande surface. Dès qu'elle eut déverrouillé sa voiture, elle balança la chienne toujours attachée à sa laisse sur la banquette arrière de la DS 5, fit ronfler le moteur et démarra en vitesse. Cinq minutes après, elle garait le véhicule sur la chaussée, les feux de détresse en fonction. Elle claqua la portière côté conducteur, ouvrit la portière arrière gauche, empoigna Micha et vint s'accroupir derrière le bosquet quitté cinq minutes auparavant. Elle fit taire Micha qui se démenait à tirer sur la laisse, désireuse de vagabonder.

Le groupe de femmes avait bougé. À rester assises, elles avaient dû avoir froid. Elles marchaient lentement sur le sentier réservé à la pratique du jogging, dos à l'aire de jeux, se retournant de temps en temps pour jeter un oil sur les enfants qui jouaient, étant plus occupées à montrer leurs téléphones portables à l'une et à l'autre qu'à faire attention à eux. Et lui, il était là, immobile, ne sachant où aller, engoncé dans son caban molletonné bleu marine à capuche. Il était beaucoup trop petit en taille pour grimper sur les installations qui enchantaient les mômes plus âgés et plus grands.

Émilie Richier rallongea la laisse et étudia le comportement de sa chienne.

Micha, se sentant libre de toute contrainte, se dirigea aussitôt vers les gamins. Aimant être choyée, elle alla quémander des caresses.

Il accueillit cette intrusion avec une excitation palpable et dédaigna le tourniquet, la cage à écureuil, le bac à sable et les balançoires, tous ces jeux qui monopolisaient les grands.

Le groupe de femmes continuait à s'éloigner en riant aux éclats. Elle attendit qu'il soit suffisamment loin pour réduire la longueur de la laisse.

Un pas après l'autre, peu sûr de lui dans ses baskets à lacets rouges, il marcha vers le bosquet tout en caressant la chienne. Il restait six mètres à parcourir.

Elle était fébrile. Son cour battait dans sa poitrine au rythme d'une grosse caisse comme celle de la fanfare du village de sa grand-mère à la fête du quatorze juillet, sauf que la fête ne commencerait que ce soir et qu'il lui fallait retrouver la quiétude prônée par son psy si elle ne voulait pas faire échouer le plan. Elle inspira profondément, essuya ses mains moites sur son manteau - elle avait laissé les gants en cuir dans son sac à main qui se trouvait dans la bagnole -, et continua à raccourcir la laisse.

Micha gémit d'être étranglée de la sorte. Il la caressa à nouveau. Elle remua la queue.

Elle réduisit encore une fois la distance entre sa propre personne et lui grâce au subterfuge. Lorsqu'il ne fut plus qu'à deux mètres d'elle, elle aperçut une des femmes qui se penchait vers le sol et les autres l'imitèrent aussitôt. Qu'avaient-elles perdu ? C'était une opportunité. Elle se jeta sur lui et le serra dans ses bras. Il n'eut pas le temps de réagir.

Personne au loin ne réalisa ce qu'il s'était produit à deux cents mètres.

Elle l'installa dans le siège auto sans le dévêtir, boucla la ceinture, plaça Micha sur ses genoux et monta à l'avant, rassurée. Le rapt s'était déroulé comme prévu, tardivement, certes, presque trois semaines après l'avoir vu la première fois, mais sans les heurts qu'elle avait imaginés.

La DS 5 quitta son emplacement. Elle le contempla dans le rétroviseur latéral en s'engageant sur la rocade.

Il la fixa quelques minutes, puis continua à jouer avec la chienne.

Elle se détendit.

Les valises remplies de leurs vêtements étaient dans le coffre depuis qu'elle avait planifié le kidnapping, les sacs de victuailles non-périssables calculées pour une semaine aussi, et les cartons de Noël. Dans quatre heures, ils fouleraient la terre de leurs ancêtres ; ils se blottiraient l'un contre l'autre devant un feu de cheminée ; elle lui lirait une histoire avant qu'il ne s'endorme. La vie reprenait son cours à une date ultérieure où elle avait été interrompue si brutalement.

Émilie Richier fredonnait en conduisant. Elle avait eu raison d'y croire ; elle l'avait cherché partout et l'avait enfin retrouvé. La présence de son petit homme assis à l'arrière était bien la preuve, ils s'étaient tous trompés à son sujet : le psychiatre, son patron, la secrétaire, les connaissances ; elle n'était pas folle. Rien ne pourrait s'interposer entre eux maintenant ; elle...

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