J'arrête quand je veux !

 
 
Librinova (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 12. Dezember 2017
  • |
  • 201 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
979-10-262-1449-6 (ISBN)
 
À 28 ans, Élisa a tout pour être heureuse : un job de rêve dans une grande maison d'édition parisienne, un gentil fiancé, Hugo, qui lui cuisine de bons petits plats (ou presque), un chat légèrement caractériel et des milliers de followers sur les réseaux sociaux. Mais le vernis de ce tableau idyllique commence à se fissurer le jour où Hugo l'accuse d'être complètement accro à son téléphone. N'écoutant que son courage et son égo meurtri, Élisa décide alors d'entreprendre la détox digitale qui doit sauver son couple, mais qui va surtout mettre sa vie sens dessus dessous...

Après Loin de Berkley Hall, son premier roman lauréat du concours d'écriture 'Hommage à Downton Abbey' publié en 2017 chez City Éditions, Coralie Khong-Pascaud a choisi un cadre plus moderne pour faire évoluer une nouvelle héroïne un peu trop connectée. À la croisée du roman feel-good et de la chick lit version 2.0, J'arrête quand je veux !  ne s'inspire en aucun cas de sa propre expérience des réseaux sociaux. Et si c'est elle qui vous le dit...
  • Französisch
  • 0,29 MB
979-10-262-1449-6 (9791026214496)

Chapitre 3 : Faites des gosses ! (ou pas)


 

Opération, gestion de crise. Il me reste en tout et pour tout dix minutes pour désamorcer la bombe Audrey qui semble être sur le point d'exploser à tout instant. Je ferais bien appel à Bruce Willis pour savoir s'il faut couper le fil rouge ou le fil bleu, mais le problème est bien plus complexe que cela. Et je ne sais pas par quel bout le prendre...

Après avoir suivi des études de droit - une tentative de rébellion envers ses parents qui souhaitaient la voir faire médecine comme tous les membres respectables de sa famille - Audrey la bohème un peu hippie sur les bords s'est résignée à enfiler le costume de juriste, histoire d'aller jusqu'au bout de son idée idiote. Ce métier, elle l'a exercé pendant plusieurs années avec conviction, à défaut de réelle passion. Sa rencontre avec Christophe, commercial pour une grande marque de produits bio, a heureusement tout changé. Grâce à lui, elle s'est découvert un intérêt pour le développement personnel et s'est fixé pour objectif la création du foyer de ses rêves, de ceux que l'on ne voit qu'à la télévision dans ces sitcoms américaines où tout semble faux, à commencer par les décors en carton-pâte et les rires pré-enregistrés.

Mais elle était si enthousiaste et si persuadée du bien-fondé de ce caprice de petite fille qu'elle a tout voulu et finalement tout eu : un magnifique mariage dans une somptueuse robe blanche tout-sauf-meringue, suivis de près par la naissance d'un garçon et d'une fille - le choix du roi, comme Kate Middleton à qui elle voue d'ailleurs une admiration sans bornes - et enfin l'arrivée d'un adorable chaton tout blanc que Christophe lui a offert à Noël, avec noué autour du cou un ruban en velours rouge orné d'une petite clochette dorée toute tintinnabulante (pour ne pas dire très agaçante). Un vrai conte de fées, encore plus guimauve qu'un dessin animé de Walt Disney... Mais aujourd'hui, le rêve d'Audrey tourne chaque jour un peu plus au cauchemar : Elliott, cinq ans, et Emma, trois ans, lui en font voir de toutes les couleurs, accumulant les bêtises, les hurlements et autres crises de colère qui peuvent survenir n'importe où, n'importe quand, mais de préférence devant un public d'inconnus prêts à hocher la tête de consternation - voire de mépris - envers la pauvre maman dépassée qui ne sait décidément pas s'y prendre avec ses marmots. Quant à la mignonne petite Boule-de-Neige, elle répond désormais au surnom de Voldemort, en raison de sa capacité à semer la terreur et la désolation dans chaque recoin de la maison. Evidemment, Christophe n'a qu'une vague idée de ce qui se passe sous son toit puisqu'il est en déplacement la plupart du temps tandis qu'Audrey, en manque officiel de sommeil depuis 2011, gère leurs trois terreurs de jour comme de nuit.

Depuis quelques semaines, la tension ne fait que monter dans ce foyer autrefois heureux, et je ne sais plus quoi répondre à mon amie quand, au bord des larmes, elle finit par m'appeler pour se confier et chercher du réconfort. Il faut dire qu'il y a de quoi avoir peur : je l'entends gémir tandis que résonnent au loin - enfin pas si loin que ça puisqu'ils arrivent à me faire mal aux tympans - les cris des enfants qui doivent être en train de casser un monticule de vaisselle en porcelaine tout en jouant de la batterie et en frappant sur un punching-ball. A moins que ça ne soit l'inverse. En toute honnêteté, je n'ai aucune idée de ce qu'ils peuvent bien être en train de faire pour obtenir cette cacophonie qui ferait fuir n'importe quelle Super Nanny. Pas étonnant que placée aux premières loges de 6h à 21h, 7 jours sur 7, Audrey soit sur le point de craquer malgré sa patience et sa douceur légendaires.

Et malheureusement, dans ces situations, mes suggestions ne brillent pas par leur originalité. Je suis éditrice moi, pas romancière ! On ne peut pas dire que je fasse preuve de beaucoup de créativité, mais je fais des efforts pour trouver une solution même temporaire.

- Téléphone à Christophe et demande-lui de revenir illico ! Tu vas nous faire une dépression.

- Il est parti en congrès et rentre jeudi soir. Ce serait ridicule de le faire paniquer pour rien, en plus il se ferait mal voir par son patron et ses collègues. Non, il faut juste que je trouve le courage de tenir encore... trois. petits jours... me répond Audrey entre deux reniflements.

- Bon, alors. Envoie-les chez tes parents ! Ils seront sûrement contents de te donner un coup de main, non ?

Je croise les doigts pour que les Bertillon jouent pour une fois dans leur vie le jeu des grands-parents modèles. Juste une fois. Et cette fois-là si possible !

- Tu parles ! répond-elle en sanglotant. Ils sont partis il y a quinze jours en mission humanitaire en Afrique du Sud ! Non, attends, c'est en Amérique du Sud. Enfin bref, c'est quelque part très loin et au Sud, juste pour me prouver que même à la retraite, leur vie d'ex-médecins sans frontières est plus fascinante que la mienne !

Je sens une pointe d'admiration dans le ton de sa voix, mais elle se fait rapidement submerger par une vague d'auto-apitoiement principalement alimentée par un sentiment d'échec grandissant et un complexe d'infériorité persistant. J'en perds mes mots et j'attends quelques secondes pour lui répondre, souhaitant ardemment être auprès d'elle pour lui faire un gros câlin qui saurait lui faire comprendre qu'elle n'est pas seule et qu'elle vaut bien plus que ce qu'elle croit. Mais je n'arrive pas à exprimer tout cela - un comble vu le métier que je fais - et je rebondis plutôt sur le « cas » Bertillon.

- Ils ne font pas ça pour t'enfoncer.

- Je sais, je sais. Mais c'est difficile de tenir la comparaison quand tu as pour parents deux grands noms de la médecine ! Et que toi tu peines à t'occuper de tes enfants.

J'essaie de changer de sujet car la relation entre Audrey et ses parents est un terrain miné sur lequel je n'ai pas trop envie de m'aventurer, surtout à quelques minutes de la réunion avec Léanne Rafferty. Un frisson me parcourt l'échine à cette pensée, et là, une idée lumineuse me vient à l'esprit.

- Et Alex ? Elle fait quoi en ce moment ?

- Alex ? Ah mais attends, je n'avais même pas pensé à utiliser la « carte » Alex !

- Mais oui ! Tatie Alex peut venir s'occuper des enfants, elle les aime beaucoup et c'est réciproque et ça se passe toujours bien quand.

- VOUS ALLEZ VOUS CALMER ET TATIE ALEX VA VENIR ET VOUS SAVEZ TRÈS BIEN COMMENT ÇA VA SE PASSER ! ! !

Par mesure de sécurité, j'éloigne le combiné le temps qu'Audrey finisse de hurler sur Elliott et Emma, puis je le reprends précautionneusement quand tout semble s'être calmé.

- Allo... Audrey ? (Silence) Tu es là ? Tout va bien ?

Je me retiens d'ajouter « Tu es toujours vivante ? », mais je le pense très fort.

- Oui, je crois que ça va, finit-elle par me répondre en reprenant son souffle comme si elle venait de courir un marathon. Ils ont filé dans leur chambre et Voldemort a disparu derrière le meuble télé. Je ne comprends toujours pas pourquoi je n'ai pas pensé à impliquer Alex plus tôt.

- Elle arrive un peu en dernier recours...

- Je sais.

- Et puis les psys du monde entier te diraient de ne pas la laisser faire. de ne pas la laisser intervenir dans les moments de crise justement.

- Je saiiis.

Sa voix se fait de plus en plus aigüe, ce qui fait retentir une sonnette d'alarme dans ma petite tête.

- Mais si ça peut t'offrir deux heures de répit, pourquoi tu t'en priverais ?

- Ouiii ! Qu'elle les emmène à Disney, qu'elle les gave de sucreries, qu'elle les fasse vomir dans le Train de la Mine et surtout, SURTOUT, qu'elle me les rende épuisés pour que je puisse enfin avoir la paix pendant une soirée ! ! !

Je ricane bêtement en imaginant le tableau, puis je me reprends car cela ne fait pas très adulte quand même.

- On est bien d'accord. Tu laisses ton inconsciente de soeur faire n'importe quoi avec tes gamins, ça ne fait pas de toi une mauvaise mère, tu reprendras tout ce petit monde en main dès demain. Et tout se passera bien.

- Oui, tout se passera bien, répète-t-elle mécaniquement, comme si elle était hypnotisée. Il me faut seulement un break, un tout petit break.

Je l'entends prendre une grande inspiration et compter jusqu'à dix pour se calmer.

- Ça va aller ?

- Ça va aller, t'inquiète. Je ne les entends plus crier, ils doivent sûrement tout retourner dans les placards pour faire leur sac mais je m'en moque. Alex va les emmener et je vais pouvoir dormiiir !

Audrey semble si excitée à cette idée que j'en éprouve un mélange de tristesse et de culpabilité. Je n'ai même pas proposé de m'occuper moi-même des deux petits monstres mais je ne saurais absolument pas quoi faire d'eux. J'ai déjà du mal à gérer la mésentente entre Hugo et Isidore - le chat roux un tantinet caractériel qui s'est installé chez nous sans nous demander notre avis et fait la loi depuis que l'on a recueilli avec tout notre amour - alors m'occuper d'Elliott et d'Emma me semble complètement hors du champ de mes compétences ! Alors que je suis en train de raccrocher, je vois un message instantané s'afficher sur l'écran de mon ordinateur portable :

 

Code rouge ! L. déjà en position et réunion imminente ! Ramène tes fesses et tes plus belles idées, c'est le moment de tout donner ;)...

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