Lysis

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 21. März 2019
  • |
  • 150 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-12130-4 (ISBN)
 
« Vous êtes catholique, fervent pratiquant de votre religion, monsieur de Malay. Lysis, ma soeur que vous voulez épouser, est païenne. Elle doit le rester. C'est à cette condition que je vous accorde sa main. De plus, votre mariage ne sera pas célébré à l'église. Une simple cérémonie civile légalisera la situation ».

Jean de Malay ne peut accepter ces conditions qui lui sont imposées par Irène Dormier ; celle-ci a élevé Lysis et son frère Hélos dans le plus profond paganisme. Elle rejette la pratique de toute religion, contestant qu'elle puisse être un soutien aux heures de faiblesse et une consolation dans les inévitables épreuves de l'existence.

Plutôt que de renier sa foi, Jean préfère rompre avec Lysis. C'est la séparation, mais la vie remettra plus tard en présence les deux jeunes gens dans des circonstances tout autres. Et Irène, à l'approche de la mort, sollicitera d'eux le pardon de ses erreurs et même... d'un crime.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,63 MB
978-2-322-12130-4 (9782322121304)
Marie, jeune fille rêveuse qui consacra toute sa vie à l'écriture, a été à l'origine d'une oeuvre surabondante dont la publication commence en 1903 avec Dans les ruines. La contribution de Frédéric est moins connue dans l'écriture que dans la gestion habile des contrats d'édition, plusieurs maisons se partageant cet auteur qui connaissait systématiquement le succès. Le rythme de parution, de plusieurs romans par an jusqu'en 1925, et les très bons chiffres de ventes assurèrent à la fratrie des revenus confortables. Ils n'empêchèrent pas les deux auteurs de vivre dans une parfaite discrétion, jusqu'à rester inconnus du grand public et de la critique.

L'identité de Delly ne fut en fait révélée qu'à la mort de Marie en 1947, deux ans avant celle de son frère. Ils sont enterrés au cimetière Notre-Dame de Versailles.

II


Quelques jours plus tard, en revenant d'une visite au château de Balbennes, Jean rencontra, à l'entrée de l'avenue, Mme Dormier et sa sour qui se rendaient à la Varellière.

- Ah ! Tant mieux, c'est vous qui allez nous introduire ! s'écria la jeune femme en lui tendant la main.

Il balbutia une phrase aimable, sans trop savoir ce qu'il disait. Deux grands yeux bleus, d'un bleu d'eau profonde, se posaient sur lui. Ce n'était pas leur rare beauté qui le troublait à ce point. Mais il se demandait s'il ne rêvait pas, devant la lumineuse candeur, l'exquise pureté d'âme que semblaient révéler ce regard et tout l'ensemble de cette physionomie, car il s'était figuré tellement autre la sour d'Irène Dormier !

- Lysis, le vicomte de Malay, ma sour, Mlle Orlannes.

Le teint blanc de Lysis devint très rose, tandis qu'elle répondait au salut de Jean. Secouant enfin son étonnement, M. de Malay déclara qu'il serait charmé de faire les honneurs de la Varellière aux amies de ses cousins de Carbonnes. Il mit dans ces paroles un peu plus de chaleur qu'il n'eût pensé le faire quelques minutes auparavant. À première vue, Mlle Orlannes lui semblait devoir plaire à sa grand-mère et à Madeleine. De fait, il constata qu'il ne s'était pas trompé, tandis qu'un peu plus tard les deux sours se trouvaient assises dans le grand salon de la Varellière, où Mme de Malay et sa petite-fille les recevaient.

Lysis était une jeune fille un peu timide, très gaie, toute simple et candide, parlant peu, mais avec tact et intelligence. De temps à autre, elle couvait d'un regard de tendresse profonde Mlle Dormier qui tenait avec brio le dé de la conversation. Il fut surtout question d'art, de littérature, et Irène eut le bon goût de ne pas heurter sur ce point les idées de ses interlocuteurs en s'en tenant à des considérations générales. Sans être sympathique aux châtelaines de la Varellière, elle ne leur déplut pas outre mesure, ainsi qu'elles le déclarèrent à Jean, après le départ des visiteuses.

- Mais la jeune fille est charmante, de toute façon, ajouta Madeleine. C'est une petite merveille de grâce virginale et de distinction.

Jean approuva.

- Tu as trouvé les termes exacts, Madeleine. C'est inouï de penser qu'elle est la sour de Mlle Dormier et qu'elle a été élevée par celle-ci.

Irène leur avait appris que Lysis avait un frère jumeau, Hélos. Comme ses hôtes s'étonnaient de ces noms grecs, elle avait déclaré :

- Je suis une admiratrice enthousiaste de la Grèce antique, comme l'était mon père. Quand ces deux enfants naquirent, coûtant la vie à leur mère - celle-ci était la seconde femme de M. Orlannes - nous nous promîmes de les élever selon nos idées, dans le culte de la beauté que comprenaient si bien les Grecs. Mon père mourut peu après, mais j'entrepris seule cette ouvre d'éducation et j'y ai réussi, je crois. Hélos et Lysis sont de vrais Hellènes, ils le sont d'autant mieux qu'un peu de sang grec coule dans leurs veines par leur mère, descendante d'une vieille famille provençale de race très pure.

« Tous deux, depuis leur enfance, ont vécu à Corfou, élevés d'après mes directives par une femme de grande intelligence et d'esprit fort cultivé, qui a terminé sa tâche près d'eux juste au moment où sa santé l'obligeait au complet repos.

Quand les châtelains de la Varellière se rendirent, quelques jours plus tard, chez leur nouvelle voisine, ils virent Hélos Orlannes, un jeune homme d'apparence un peu frêle dont le visage, d'une matité pâle, s'éclairait de longs yeux noirs ardents. Il ne ressemblait pas à sa sour, mais il avait, comme elle, la grâce innée des attitudes, de la démarche, du moindre geste. Lysis apparut vêtue d'une robe blanche en forme de tunique qui dégageait son cou et ses bras, d'une forme parfaite. Jean dut s'avouer qu'il n'avait rien vu de plus ravissant que cette enfant. Oui, une enfant vraiment, si naturelle, si délicatement gaie, si visiblement innocente et inconsciente de l'effet qu'elle pouvait produire. Elle se tint presque constamment près de Madeleine, qui semblait lui plaire particulièrement et à qui elle demanda avec grâce l'histoire de la Marbotterie. C'était celle de la chouannerie tout entière, car les de Carbonnes, comme les de Malay, avaient lutté intrépidement près de Charette, de Cathelineau, de La Roche-jaquelein. Madeleine prononçait avec une religieuse ferveur les grands noms de l'épopée vendéenne. Mais elle ne trouvait pas d'écho chez les étrangers. Irène et Lysis écoutaient avec intérêt, mais visiblement sans comprendre les sentiments de leur interlocutrice. Celle-ci et Jean et Mme de Malay les sentirent, à ce moment, loin, très loin d'eux. Ce fut, pour Jean, une tristesse dont l'intensité l'aurait surpris, s'il avait pris le temps de l'analyser.

Par contre, la conversation ayant dévié vers l'antiquité, le frère et la sour se montrèrent documentés à fond sur ce sujet, enthousiastes des civilisations d'autrefois, de celle de la Grèce surtout. Irène avait dit vrai : elle avait fait d'eux des enfants de la vieille Hellade, des adorateurs de la beauté plastique et des divinités païennes. Leur culture intellectuelle, déjà poussée très loin, rappelait celle des jeunes Hellènes d'autrefois. Irène, autant que possible, en avait écarté l'influence latine, déformatrice de la beauté pure, prétendait-elle.

Jean discuta courtoisement avec elle sur ce point, tandis qu'ils faisaient tous une promenade dans le parc très touffu et accidenté. Mais il s'aperçut vite que Mme Dormier n'était pas femme à démordre d'une idée.

- Vous êtes un barbare latin ! lui déclara-t-elle nettement. Un très beau barbare, il est vrai, et c'est ce qui vous vaut mon indulgence. Dans la Grèce antique, on vous eût divinisé. Phidias aurait fait de vous son chef-d'ouvre. Ah ! Qui nous rendra les merveilles de l'art grec, ses lignes pures, sa beauté sobre.

Ses yeux s'animaient, semblaient s'agrandir au point que Jean ne voyait plus qu'eux dans ce mince visage savamment fardé.

- ... Regardez ceci. Évidemment, c'est joli, c'est élégant. Mais auriez-vous l'idée de dire que c'est beau, purement beau ?

Elle se détournait en désignant du doigt la Marbotterie, gracieux logis que recouvraient en partie la verdure et les fleurs.

- La beauté se manifeste sous différentes formes, madame. Vous ne refuserez pas d'en gratifier nos admirables cathédrales, par exemple ?

- Vos cathédrales ? Ce sont de magnifiques monuments barbares, que je n'ai jamais compris.

- Oh ! Par exemple !

- C'est ainsi, je suis irréductiblement antique et païenne. L'idée qui a fait ériger ces monuments me reste étrangère. Tenez, dans cette demeure, pourtant charmante, j'étouffe, je ne me sens pas à l'aise. Ce pays est joli, mais il n'a pas de luminosité, pas d'ardeurs ni de parfums. Paris m'attire par sa civilisation raffinée, ses fêtes de l'esprit et des yeux, mais je l'abhorre pour ses laideurs, son ciel morne. Je n'ai un peu d'amour pour lui qu'en certaines journées printanières ou automnales, lorsque je parcours le Bois dans la beauté lumineuse d'une matinée, d'un après-midi sans nuages. J'ai eu ainsi, parfois, la sensation d'être sous un autre ciel, dans une autre atmosphère. Mais là où je vis vraiment, c'est dans nos contrées méridionales. Je possède là-bas, au-dessus de Cannes, une petite villa, l'« Olivette », quels parfums, quelle ambiance de lumière et de vie ! C'est là que j'ai exécuté mes meilleures ouvres, ma joueuse de flûte en particulier.

Jean, très intéressé par la personnalité qui se dévoilait, demanda :

- Mademoiselle votre sour partage-t-elle vos goûts ?

- Absolument, de même que Hélos. Je les ai tenus soigneusement éloignés de vos idées latines. Ils ont vécu seuls, sous ma direction, avec leur institutrice qui me comprenait et m'a toujours parfaitement secondée dans mon ouvre. Jusqu'à ces derniers temps, ils ont presque tout ignoré de la vie. Une connaissance trop précoce enlaidit l'enfance et l'adolescence, même physiquement, en en flétrissant la fraîcheur. Je les ai pénétrés de l'amour de la beauté des formes harmonieuses, de la lumière. Lysis est encore un exquis petit flocon de neige, une petite chose rare et charmante. Mais elle a dix-sept ans, je vais maintenant lui révéler la vie.

Jean ne put retenir une protestation.

- Oh ! Madame, attendez encore !

Irène eut un rire amusé.

- Vous trouvez que c'est dommage ? Mais non, chaque chose en son temps. Lysis devient femme ; elle sera très belle, mieux que belle. Toutes les joies du monde et toutes les ivresses de l'amour seront son partage.

Devant eux marchaient Hélos et sa sour, près de M. de Malay et de Madeleine. Un rire frais, un rire d'enfant, s'échappait à ce moment des lèvres de Lysis. Jean eut le cour serré en songeant que cette innocence heureuse n'avait plus que peu de temps à vivre.

Irène continuait :

- Ces enfants ignorent tout de vos sombres croyances qui divinisent la souffrance et la misère,

Qui réprouvent les joies de ce monde. Ils adorent l'âme des choses, les parfums, les fleurs, la lumière, la beauté, la vie. Oh ! La vie surtout, la vie dans toute son ardeur, dans toute sa plénitude ! Oh ! Vous la verrez dans quelques années, ma Lysis, et vous me direz si je...

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