Les deux fraternités

 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 1. Auflage
  • |
  • erschienen am 21. März 2019
  • |
  • 209 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-12115-1 (ISBN)
 
Il y a deux fraternités au monde : celle que l'on pratique dans la sincérité de son coeur, au prix du sacrifice même et celle qui sert d'enseigne pour tromper autrui.

Cyprien et son cousin Prosper Louviers pratiquent respectivement l'une et l'autre. Ce dernier, qui hait le riche et le bourgeois, ne connaît plus les limites de son ambition dès le jour où un héritage imprévu lui échoit. Au cours d'une grève, Cyprien est mortellement blessé, ces grèves que désapprouve aujourd'hui Prosper qu'il déclenchait hier.

Devenu veuf, celui-ci, amoureux de Micheline, la veuve de Cyprien, voit ses avances repoussées. Ulcéré par ce refus, Prosper, pour se venger d'avoir été éconduit, enlève la fille de Micheline : Suzanne.

Acte odieux dont, des années plus tard, le ravisseur devra rendre compte aux dernières minutes de sa vie. Drame bouleversant qui va plonger une mère dans le désespoir, mais sera pour Alexis, le fils de Louviers, le levain d'une fraternité du coeur jusqu'alors méconnue.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,71 MB
978-2-322-12115-1 (9782322121151)
Marie, jeune fille rêveuse qui consacra toute sa vie à l'écriture, a été à l'origine d'une oeuvre surabondante dont la publication commence en 1903 avec Dans les ruines. La contribution de Frédéric est moins connue dans l'écriture que dans la gestion habile des contrats d'édition, plusieurs maisons se partageant cet auteur qui connaissait systématiquement le succès. Le rythme de parution, de plusieurs romans par an jusqu'en 1925, et les très bons chiffres de ventes assurèrent à la fratrie des revenus confortables. Ils n'empêchèrent pas les deux auteurs de vivre dans une parfaite discrétion, jusqu'à rester inconnus du grand public et de la critique.

L'identité de Delly ne fut en fait révélée qu'à la mort de Marie en 1947, deux ans avant celle de son frère. Ils sont enterrés au cimetière Notre-Dame de Versailles.

II


Micheline Laurent était passementière. Elle vivait dans une mansarde du cinquième étage, avec sa mère, sourde, infirme de tous les membres, malheureuse créature dont l'intelligence avait sombré dans l'alcoolisme. De cette terrible passion, le père de Micheline était mort huit ans auparavant, alors que l'enfant atteignait ses quatorze ans.

Micheline avait été élevée jusqu'à dix-huit ans à la campagne, chez une sour de sa mère, excellente femme qui avait fait de sa nièce une fervente chrétienne et une habile ouvrière comme elle. Mais la bonne tante Louise était morte, et la mère, qui habitait Paris, était arrivée aussitôt pour emmener sa fille et surtout pour mettre la main sur les petites économies que Louise Blanchet laissait à sa nièce.

Micheline avait vite trouvé du travail à Paris. Pendant qu'elle était à l'atelier, sa mère s'adonnait plus que jamais à son vice dégradant, et lorsque la jeune fille, le cour brisé de douleur, risquait quelques observations pleines de douceur et de respect, elle se trouvait assaillie d'injures et souvent de coups. Mais, un jour, la malheureuse femme était tombée raide dans la rue. Depuis lors, elle était demeurée cette pauvre chose sans pensée, sans raison, qui passait ses journées dans un vieux fauteuil, près de la table où s'étalaient les passements utiles à Micheline. Car la jeune fille avait dû quitter l'atelier. Sa mère ne pouvait demeurer seule, il lui fallait une surveillance et des soins presque incessants. Micheline travaillait donc en chambre maintenant, et elle faisait encore d'assez bonnes journées, car elle était une experte ouvrière. Mais les dépenses étaient lourdes, l'infirme, chez qui n'existaient plus que les appétits matériels, absorbait une étonnante quantité de nourriture. Micheline arrivait tout juste à ne pas avoir de dettes, elle ne pouvait rien économiser pour les imprévus.

Mais, de même qu'elle avait enduré avec une admirable force chrétienne l'humiliation et la douleur que lui causait l'état dans lequel se trouvait si souvent sa malheureuse mère, de même qu'elle n'avait cessé de l'entourer de soins et de respect, ainsi, aujourd'hui, elle montrait un courage, une résignation, une tranquille confiance en la Providence qui faisaient la secrète admiration des directrices du patronage où elle se rendait parfois le dimanche, lorsqu'une voisine, brave femme peu ingambe, venait tenir compagnie à l'infirme.

Micheline était une belle petite nature, intelligente et profondément dévouée. Chez elle, les plus nobles pensées étaient chose habituelle... Et ce sérieux, cette élévation de son âme se reflétaient sur son joli visage, donnaient à sa physionomie, à son allure cette réserve grave et fière qui imposait aux plus hardis complimenteurs.

Ce matin-là, Micheline descendit vers neuf heures, afin de faire ses petites provisions. Au retour, elle se heurta presque sous la voûte de la porte cochère à Cyprien Mariey, le jeune ouvrier électricien, cousin des Louviers, qui occupait une petite chambre au-dessus du logement de ceux-ci.

- Oh ! pardon, mademoiselle ! dit-il en soulevant sa casquette avec empressement. Je m'en allais un peu vite, rapport à l'heure... Comment va Mme Laurent ?

Un contentement ému brillait dans son regard loyal... Et, au teint un peu pâle de Micheline, une flambée rose était montée soudain.

- Ni mieux ni plus mal, monsieur Mariey, je vous remercie.

- Allons, tant mieux ! Je me sauve vite, car...

Il s'interrompit et s'exclama :

- Tiens ! vous voilà en toilette aujourd'hui !... et à cette heure !

Ces paroles s'adressaient à Prosper Louviers et à sa sour qui apparaissaient sous la voûte, sortant de la cour. Le jeune homme avait un complet foncé et un chapeau mou légèrement défraîchi ; Zélie arborait sa toilette des dimanches, une robe de petit lainage d'un bleu doux enjolivé de ces coquettes garnitures dont sait si bien se parer l'ouvrière parisienne.

Le frère et la sour avaient eu dans le regard la même lueur de contrariété à la vue de Cyprien et de Micheline.

- Oui, nous allons voir quelqu'un... le cousin Robin, qui est de passage à Paris et qui nous a écrit pour que nous allions lui dire bonjour, répondit Zélie avec calme.

- Et toi, tu t'en vas bien tard au travail, aujourd'hui ? dit Prosper, dont le regard un peu irrité avait glissé de son cousin à Micheline, qui s'éloignait après avoir répondu au bonjour du frère et de la sour.

- J'ai été malade cette nuit et je me suis un peu reposé ce matin. Comme je n'ai pas l'habitude de manquer pour la frime, le contremaître ne dira rien, et...

Quelqu'un entrait sous la voûte. Cyprien se découvrit avec un empressement respectueux, et Prosper souleva machinalement son chapeau, tout en enveloppant d'un coup d'oil surpris la jeune femme brune et svelte qui passait auprès d'eux, charmante et aristocratique dans son très simple costume tailleur, un modeste chapeau foncé ombrageant son délicat visage doux et grave.

- Qui est-ce, Cyprien ? demanda Zélie, dont le regard soudain durci suivait l'étrangère qui avait gracieusement incliné la tête en réponse au salut de Cyprien.

- C'est Mme de Mollens... Mlle Césarine m'a appris justement ce matin qu'elle venait tous les jours ici pour panser la vieille Leblanc et faire la lecture du journal au père Mathieu.

- Ah ! oui, la femme de ton marquis ! dit Prosper d'un ton gouailleur. Il me semblait bien la reconnaître... Encore une manière de poser, ça !

Cyprien lui jeta un coup d'oil de travers.

- Souhaite qu'il y ait beaucoup de poseuses comme celle-là !... Si tu crois que ça doit être amusant pour elle de quitter son hôtel pour s'en aller dans des chambres plus ou moins propres soigner une pauvre rabâcheuse comme la mère Leblanc ou répéter plusieurs fois la même phrase au père Mathieu qui ne comprend plus très bien ! Elle pourrait faire comme tant d'autres de son monde, se lever à midi après avoir passé la nuit au bal, courir les beaux magasins, se promener au bois et faire admirer ses toilettes. Mais M. de Mollens n'aurait pas pris une femme dans ce genre-là, il a choisi celle-ci, qui est un ange, au dire de tous ceux qui l'approchent.

- Un ange qui a une voiture à deux laquais et qui va s'acheter des meubles dans un des plus chics magasins de Paris ! ricana Prosper.

- Eh bien ! qui est-ce qui en profite ? Qui est-ce qui a fait ces meubles-là ? Des ouvriers, dont c'est le gagne-pain. Alors, s'il n'y avait plus de riches, qu'est-ce qu'ils feraient, ceux-là ? Et Mme de Mollens se trouve obligée par sa position d'avoir un certain train de maison. Mais je sais, par un des domestiques du marquis, qu'elle le réduit le plus possible et qu'il n'y a personne de plus simple, de plus modeste qu'elle... Et bonne pour ses serviteurs, paraît-il.

- Une perfection, quoi ! dit Zélie d'un ton acerbe. C'est facile, du reste, quand on a de l'argent, de faire la généreuse et la charitable !

- N'empêche qu'il n'en manque pas qui le gardent pour eux seuls, leur argent !... Mais vous me faites bavarder et je me retarde. Au revoir, les cousins !

Il s'éloigna d'un pas alerte, tandis que Zélie et Prosper sortaient à leur tour et prenaient la direction opposée.

- Ce calotin de Cyprien a toujours la bouche pleine des mérites de ses curés et des aristos ! dit Prosper en levant les épaules. S'il y en avait beaucoup comme lui, les prolétaires redeviendraient les esclaves de ces gens-là, qui font mine d'être les amis du peuple pour mieux l'asservir et l'exploiter. Mais, heureusement, il n'y a rien à craindre. Nous autres, les socialistes, gagnons chaque jour du terrain, et nous pouvons déjà saluer l'aurore de la grande émancipation du peuple, de la ruine de l'odieux capital, du partage entre tous les hommes devenus véritablement frères, sans aucune barrière sociale !

- Parle pas si haut ! dit Zélie en lui cognant le coude. Tu n'es pas devant les camarades, voyons ! Il ne faut pas faire retourner les gens... Mais que je voudrais donc être déjà chez ce notaire ! Sûr, Prosper, que ça doit être rapport à un testament !

- Ça me paraît probable... Mais le tout est de savoir si la somme est grosse. Si c'était... hein ! Zélie, cent mille francs ?

Les prunelles de Zélie eurent une lueur ardente.

- Tais-toi !... je ne veux pas imaginer... j'ai trop peur d'une désillusion. Mais ce que le cour me bat, vois-tu !

Le notaire demeurait dans une vieille rue de la rive gauche. Le frère et la sour s'arrêtèrent devant une ancienne maison, franchirent la porte cochère et, sur l'indication du concierge, montèrent au premier étage.

Dans la pièce où ils entrèrent, un clerc vint au-devant d'eux. Prosper présenta la lettre reçue la veille. Le clerc dit aussitôt :

- Me Dubian va vous recevoir immédiatement.

Il ouvrit une porte et fit entrer les jeunes gens dans un vaste et sévère cabinet. Un homme âgé, qui se tenait debout devant le bureau en feuilletant un dossier, se tourna vers eux en les enveloppant d'un pénétrant regard.

- Monsieur Prosper et mademoiselle Zélie Louviers ? dit-il en saluant.

Ils répondirent affirmativement et, sur son invitation, s'assirent, tandis que lui-même prenait place devant le bureau.

- Vous êtes bien les neveux de Jean-Martin Louviers ?

- Oui,...

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