La lutte pour la santé

 
 
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  • 1. Auflage
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  • erschienen am 21. November 2019
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  • 382 Seiten
 
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978-2-322-18581-8 (ISBN)
 
La «lutte pour la santé» qui fait le sujet de ce livre n'est pas celle qu'ont entreprise, et que poursuivent avec un succès toujours plus marqué, nombre de ligues et sociétés philanthropiques. Certes, personne n'admire plus que moi l'effort généreux de ces sociétés. Qu'il s'agisse de combattre la mortalité infantile, ou de répandre et de faire appliquer les règles de l'hygiène, ou encore d'enrayer l'extension de ces trois plaies sociales, la tuberculose, l'alcoolisme, et la syphilis, ce sont là des campagnes infiniment bienfaisantes; et je considère comme un honneur d'avoir pu, modestement, prendre ma part de quelques-unes d'entre elles.
1. Auflage
  • Französisch
  • 0,30 MB
978-2-322-18581-8 (9782322185818)
Charles Burlureaux (1851-1927) Médecin et psychiatre. - A été professeur agrégé au Val de Grâce, Paris. - Fut secrétaire de la Société de prophylaxie sanitaire et morale. - Eut le prix Lefevre de l'Académie de médecine et le prix Bréant.

CHAPITRE II - HÉRÉDITÉ


L'hérédité tient une place considérable dans tous les problèmes de la vie ; et, comme l'indique bien l'étymologie du mot hoerere, (être attaché),  tout  être  vivant  est  relié  à  un long  passé  ancestral.  Les végétaux   eux-mêmes   n'échappent   point   à   cette   loi :   le   souci   des horticulteurs n'est-il pas de créer, par de savants procédés de culture et d'habiles sélections, des types capables de transmettre par hérédité certaines qualités développées ? Ils y arrivent jusqu'au jour où, quand ils ont voulu trop profondément ou trop vite forcer la nature, la plante revient à son état sauvage, ou demeure stérile pour avoir été trop surmenée. Et les mêmes observations sont familières aux éleveurs qui cherchent à perfectionner les races d'animaux domestiques. Hérédité   est   donc   un   terme   de   physiologie   signifiant   que   la constitution   organique,   la  manière   d'être   physique  ou  mentale,   se transmet des parents aux enfants ou aux descendants.

L'hérédité se rencontre partout ; c'est elle qui constitue les grands traits de caractère si différents de chaque race ; c'est elle qui fait que les vertus, les vices, les passions, les haines, se transmettent dans le sein des familles aussi bien que la beauté, la couleur des yeux, la taille, etc. Souvent elle est directe, c'est-à-dire qu'elle provient du père ou de la mère ; parfois elle saute une ou deux générations ; d'autres fois, enfin, elle est indirecte : c'est le type d'un parent de la ligne collatérale qui prend la place. Mais il est rare que, dans le cours de la vie, elle ne se manifeste pas d'une manière quelconque.

Le rôle de l'hérédité a été reconnu de tout temps. Dans son langage imagé, la Bible nous dit qu'«il a encore les dents agacées, celui dont l'ancêtre de la septième génération a mangé des raisins verts.»

 Si cette parole était l'expression exacte de la vérité, elle serait bien décevante, car elle paralyserait tous les efforts destinés à lutter contre les tares ancestrales. Mais déjà Ezechiel avait énergiquement protesté (chap. XVIII) contre la fatalité des tares héréditaires ; et la vérité est que l'influence de l'hérédité est modifiée grandement par la tendance qu'a tout être vivant à retourner à son type primitif, comme aussi par les influences du croisement, en vertu desquelles l'un des générateurs peut rectifier la tare transmise par son partenaire. Ce n'est que quand les deux générateurs ont les mêmes tares que l'hérédité sévit avec son maximum  d'intensité ;   et   alors   non  seulement   les   tares   s'ajoutent, mais elles semblent se multiplier l'une par l'autre, au point de rendre l'enfant incapable de soutenir la lutte pour l'existence ; ou bien, s'il vit, il n'a pas la force de transmettre la vie. Ainsi s'éteignent les familles par les «maladies» héréditaires, à moins qu'un des membres de la race déchue, revenant pour ainsi dire au type primitif, ne porte en lui une force de réaction insoupçonnée, -héritage peut-être d'un passé plus lointain, -qui lui permette de reconstituer la famille.

Telles   sont   les   considérations   générales   qu'il   m'a   semblé   utile d'indiquer,   parce   qu'il   en   pourrait   sortir   un   grand   nombre   de conclusions pratiques pour qui sait réfléchir. Mais il faut à présent que j'insiste sur quelques détails plus particuliers.

D'abord, l'hérédité de la longévité.

Il est des familles où l'on meurt vieux, de père en fils. On dirait des horloges remontées pour sonner à peu près le même nombre d'heures. Il est d'autres familles où tout le monde meurt jeune, sans cependant qu'on puisse incriminer des «maladies» spéciales.

Pourquoi ? Force est bien de le dire, nous ne le savons pas. Notons, en passant, combien sont erronées les théories qui attribuent à l'homme moyen une longévité moyenne, calculée d'après l'époque de la soudure des épiphyses, ou d'après la durée de la croissance : suivant les calculs de Flourens, cette moyenne devrait être de cent ans. Mais c'est là une simple vue de l'esprit, qui ne repose sur aucune observation sérieuse.

Certes, on peut établir des moyennes. C'est sur des moyennes de ce genre, et sur le calcul des probabilités, que sont basés les statuts des compagnies   d'assurance.   De   même,   il   n'est   pas   déraisonnable   de supputer la longévité probable d'un individu donné, quand on est en mesure d'apprécier son capital biologique et la façon dont il sait s'en servir. Mais dire que l'homme est bâti pour vivre cent ans, parce que, dans les espèces animales, la longévité a cinq fois la durée de la croissance, et que, chez l'homme, la durée de la croissance est de vingt ans, c'est établir une théorie sur des bases absolument fragiles.

Plus importantes encore que la plus ou moins grande longévité des parents,   sont,   pour   nous,   certaines   particularités   de   leur   état pathologique, qui retentissent d'une façon souvent très profonde sur la valeur de leurs enfants.

On   sait,   par   exemple,   les   influences   néfastes   de   l'alcoolisme héréditaire, qui non seulement restreint la natalité, mais condamne ceux qui naissent à une mort rapide.

La syphilis ne réduit pas la natalité ; au contraire, elle semble la favoriser,   et   tout   le   monde   connaît,   en   effet,   de   ces   nombreuses familles fauchées par la syphilis héréditaire.

En   vain   les   générateurs   s'obstinent   à   mettre   au   monde   de nouvelles   victimes :   aucune   ne   survit,   à   moins   qu'un   traitement médical   bien   compris   ne   vienne   mettre   fin   à   cette   lamentable situation   [Je   ne   puis   m'empêcher   de   reconnaître,   dans   cette polynatalité   des   hérédo-syphilitiques,   une   affirmation   de   ce   qu'on serait tenté d'appeler la loi de protection des faibles.].

N'est-il pas remarquable, en effet, que, dans la nature, les êtres sans défense luttent par leur polynatalité contre les causes de destruction auxquelles les expose leur faiblesse ? Voyez dans le monde animal.

Les animaux puissants, armés pour la défense ou pour la lutte, sont toujours de médiocres générateurs ; l'éléphant, par exemple, ne donne naissance qu'à un nombre très restreint d'individus, la femelle porte longtemps ; même remarque pour le lion. Au contraire, les animaux sans défense, se multiplient avec une rapidité qui les rend parfois redoutables : tels les lapins d'Australie. Il a suffi d'un couple importé par   hasard   dans   cette   colonie   pour   que   ces   animaux   se   soient multipliés au-delà de toute mesure. A l'heure qu'il est, ils constituent encore un fléau pour l'agriculture. C'est que le lapin est un être faible, qui n'a de moyens ni d'attaque, ni de défense, ne sachant que fuir et se cacher. Dans l'espèce humaine, combien ne voit-on pas de ces couples admirablement bien assortis, de santé parfaite, et qui n'ont pas d'enfants ? Nous ne parlons pas de ceux qui n'ont qu'un ou deux, enfants ; car ici intervient un autre facteur, la restriction volontaire ; mais de ces ménages exemplaires, où la venue d'un enfant serait une joie, et qui restent stériles, sans que rien dans l'état des conjoints explique cette stérilité.

Au contraire, des générateurs de médiocre valeur, au point de vue de la santé, mettent au monde de nombreux enfants, qui bien souvent constituent pour eux une richesse négative.

Ces malheureux portent le beau nom de prolétaires (proles, race). Mais que dis-je ? la loi de protection des faibles s'étend à l'infini. Pourquoi naît-il plus de femmes que d'hommes ? Pourquoi tel couple ne donne-t-il naissance qu'à des filles, tel autre qu'à des garçons ?

C'est que, dans le premier cas, la valeur biologique de la mère était sensiblement   inférieure   à   celle   du   père.   Quand   il   y   a   une disproportion marquée entre les deux générateurs, l'enfant qui naît a le sexe du générateur qui vaut le moins.

Quand un homme vieux et usé épouse une jeune femme pleine de vie et de santé, l'enfant qui naîtra de leur union sera presque toujours un garçon.

Dans   le   monde   végétal,   la   même   loi   de   protection   des   faibles s'observe   pour   qui   sait   ouvrir   les   yeux.   Voyez   les   plantes   sans défense :   elles   pullulent   partout,   on   les   trouve   sous   toutes   les latitudes, à toutes les altitudes ; au contraire, celles qui se défendent, ont ce qu'on appelle en botanique des «aires» très limitées.

Dans   le   monde   minéral   lui-même,   on   observe   la   même   loi :   les métaux qui se défendent sont des métaux rares, et c'est précisément parce qu'ils sont rares et incorruptibles (mais non incorrupteurs) que l'homme les a pris comme représentant la valeur du travail. L'or, par exemple,   que   rien   n'attaque,   est   plus   rare   que   les   métaux   qui s'oxydent facilement, tels que le fer, le cuivre.

Le diamant inaltérable, qui défie l'injure du temps, est d'une rareté qui lui donne tout son prix.

C'est de cette loi de protection des faibles, faisant contrepoids aux lois darwiniennes...

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