Kabylie Sacrifiée

Mortes utopies
 
 
Books on Demand (Verlag)
  • 3. Auflage
  • |
  • erschienen am 6. Februar 2018
  • |
  • 428 Seiten
 
E-Book | ePUB mit Wasserzeichen-DRM | Systemvoraussetzungen
978-2-322-14943-8 (ISBN)
 
Dans le sillage de cette dernière, un enfant fut entraîné, malgré lui, dans cette tempête, dans ce tourbillon de l'Histoire. Ceci est son histoire.
3. Auflage
  • Französisch
  • 1,06 MB
978-2-322-14943-8 (9782322149438)
2322149438 (2322149438)
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Je vous invite à vous plonger dans cette saga, qui me parait être la plus aboutie et la plus belle.
Rêve d'enfer

« Rien n'existe avant moi, que choses sans naissance,
Vous qui passez mon seuil, laissez là l'espérance. »
DANTE (Divine comédie - L'enfer)

Le vieillard, tout essoufflé, se laissa choir sur un siège en bois, mainte fois rénové. Akli, le patron du café, quitta son bar contre lequel il somnolait depuis des heures. Par sa seule présence, le nouveau venu avait le pouvoir d'éveiller son acariâtreté. Quand il ressentait quelque acrimonie envers quelqu'un, Akli ruminait. Quand il ruminait, il se parlait à lui-même.

« Pourquoi diable vient-il toujours s'asseoir à cette table ?

Qui plus est, sur cette antique chaise toute vermoulue. »

Il essuya les regards ironiques des quelques clients, qui pénétrèrent dans la salle, et questionna Mohand sèchement.

- Et pour Sidi, ça sera ?

Interloqué par son ton rude et sa mine furibonde, Mohand ne lui répondit pas immédiatement. Il le dévisagea, comme un importun qu'il voyait pour la première fois.

- Eh bien ? S'impatienta le tenancier. Devrai-je languir après « Monsieur3 » en attendant qu'il ait fait son choix ? Ce sera un thé à la menthe ou une menthe avec du thé ?

- Puisque tu connais mes goûts, comptes-tu me servir un jour prochain ? S'emporta le vieillard.

Akli faillit le rudoyer, puis il abandonna et s'éloigna vers son bar en secouant la tête. D'ailleurs, il ne pouvait se permettre de perdre son temps en disputes, car une foule bigarrée pénétra soudainement dans son établissement.

- « Quand on entre dans un café, c'est pour demander un café ou un petit blanc ! Monsieur vient pour prendre le thé ! » Se dit-il, avec des gestes maniérés supposés singer les gens des hautes sphères.

Lorsqu'il revint avec la commande, il trouva le vieil homme profondément endormi. Il déposa la tasse, la tisanière et le sucrier et repartit en maugréant de plus belle.

- « Laissons-le, j'espère que son sommeil sera peuplé des pires cauchemars ! »

Assurément :

« Peu de temps avant que l'enfer s'y déchaînât, une sérénité étrange régnait sur la montagne, une paix inquiétante, angoissante. L'attente lui paraissait insoutenable. L'enfant, presque enfoui dans son trou, tremblait de tous ses membres. Comme les autres guerriers, accroupis dans leur tranchée, il s'efforçait de surmonter sa peur. C'est alors que, brusquement, tout se disloqua autour de lui, les arbres, les rochers et les frêles barricades qu'ils avaient montés à la hâte. Tout et tous se délayèrent dans une bourrasque de fer et de feu. Il observa, angoissé, ces soldats innombrables qui brandissaient leurs fusils aux baïonnettes sanguinolentes, et qui se délectaient de leur effroi avec perversité ; tandis que Fadhma et ses compagnes, tout en poussant d'horribles cris, menaçaient tous ceux qui voulaient fuir d'un tison enflammé. Et lui qui pensait, naïvement, ne devoir affronter que ces deux fléaux ! Alors, qu'il lui fallut, en plus, se garder de cette pluie ardente et tranchante, qui se déversait brutalement et en tous lieux ! Malgré l'enfer qui se déchaînait, les clameurs et les exhortations de Fadhma et de ses sours, s'accordaient au fracas de la bataille en une étrange mélodie. Toute fuite serait inutile, l'abomination et la désolation étaient partout. Du village en contrebas lui parvinrent les cris de paysans infortunés : des hommes, des femmes et des enfants qu'ils ne pouvaient secourir. Il en pleura de rage. Il se demanda ce qu'il était advenu de ses compagnons, ont-ils été immolés dans cette tempête ? L'angoisse le rongea et, sans s'en aviser, il se laissa choir dans sa tranchée la tête enfouie dans ses mains et son fusil gisant à ses pieds. Une voix aiguë, impérative, le tira de sa prostration. Il essuya ses larmes et dévisagea celle qui l'avait interpellé, comme s'il la voyait pour la première fois. Elle était sublime et terrifiante à la fois. Sa longue chevelure noire et ses vêtements, or et écarlate, la couleur du sang, flottaient au vent et s'entremêlaient, en fouettant l'air. Curieuse oriflamme ! Ses yeux sombres le transpercèrent de toute sa colère. Tremblant et confus, il chercha son fusil à tâtons.

- Est-ce ainsi que tout guerrier doit se comporter ? s'in-digna-t-elle. Est-ce là tout le courage que nos hommes peuvent manifester, tandis que les nôtres se meurent, et que les envahisseurs fouillent nos demeures ?

Il baissa la tête sous ses reproches, mais ne put empêcher son regard de dériver vers celui ardent, ensorcelant de son inquisitrice.

Puis, la colère de cette dernière si cinglante, si terrible, se métamorphosa en une exclamation de surprise.

- Mais, tu n'es point un homme ! s'écria-t-elle. Que fait donc un enfant en un lieu si effroyable, si sordide ?

Elle lui arracha son lourd fusil des mains et, d'un geste rapide, elle extirpa de sa ceinture un pistolet à crosse dorée, qu'elle lui ordonna de charger. Il s'exécuta. Après avoir tiré, elle tendit sa paume dans sa direction, pour qu'il lui rende son arme, et lui redonna la carabine à recharger, et ceci, sans discontinuer comme un automate. La mitraille, semblable à une fatale et incandescente grêle printanière, s'abattait partout autour d'eux.

Il maudit ces bouches béantes et sinistres qui vomissaient sans cesse cette pluie funeste. Ces canons, aux gorges puantes, qui rotaient de noires exhalaisons ; ces effluves âcres et fétides, qui les enveloppaient et les étouffaient. Elles lui causèrent des nausées et la tête lui tourna. Cependant, ces nuées denses les voilèrent à la vue pernicieuse de leurs ennemis. Mais ils ne s'en réjouirent point, car le miasme infâme, qui en émanait, n'était autre que l'odeur de la mort. Progressivement, elle les happa, et les enroba un à un dans son linceul vaporeux. Toutefois, malgré cela, toutes les femmes présentes s'empressèrent de suivre l'exemple de Fadhma. Elles se précipitèrent et ramassèrent les fusils de leurs compagnons emportés par la Faucheuse, jamais rassasiée. Décidées à rendre coup pour coup, elles ouvrèrent admirablement.

Voyant cela, le garçon, subjugué par leur héroïsme, oppressé par la honte, voulut récupérer son arme. Il se leva et l'agrippa, mais Fadhma la lui arracha des mains et le repoussa sans ménagement, l'obligeant à rester dans son trou, bien à l'abri. Les grondements terribles de l'artillerie redoublèrent, et imposèrent leurs voix en étouffant la moindre clameur. Les bombardes, pleines de mort, souillèrent la terre de leurs crachats brûlants. La bestialité et la frayeur s'insinuèrent en lui, dans son âme d'enfant, dans celle de ses ennemis, dans les roches écarlates, dans l'hu-mus aspergé de sang, dans les arbres embrasés. La montagne entière semblait se morceler sous ce déluge de feu, de fer et de fange. A cette pensée, l'effroi l'empoigna, et lui broya ce qu'il lui restait de bravoure. Mais Fadhma n'éprouvait pas la moindre crainte pour sa vie ! Nulle anxiété, nul doute, ne paraissait la saisir. Sereine et inflexible, elle traversait telle une déesse les brumes et les ondées meurtrières, que les armes régurgitaient à profusion. La peur l'esquivait, la mort lui était étrangère, rien ne pouvait l'atteindre, la dominer.

Elle exhiba sa frêle silhouette devant les féroces soldats, comme pour les narguer, et révéler leur impuissance. Avec son visage divin et pâle, mais qui affichait une forte détermination, ses lèvres charmeuses d'où s'échappaient des youyous guerriers, elle prodiguait la destruction et la terreur. Une crainte mystique s'empara des militaires, même parmi les plus barbares, et les étreignait violemment. Ce fut, à ce moment, que l'enfant vit ce qu'elle était vraiment : un ange brandissant l'épée vengeresse, faucheuse d'hommes. Alors une pensée morbide l'effleura : elle est l'alliée de la camarde. Ils sont morts et ils sont en enfer. Au moment où ce...

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